Quelle joie lorsqu'on tient un grand disque en main, et qu'on peut se souvenir du moment où on l'a acheté.
Ce n'est pas toujours le cas, d'ailleurs quantité de chefs d'oeuvre de ma discothèque ont fait partie d'une grosse facture à la F**c.
J'avais ce billet en tête, et il se trouve qu'il prend bien sa place dans la série lancée par dragibus et prolongée par
Lyle.
La même semaine, j'ai aussi acheté le premier Boards of Canada dans un magasin du centre ville. Et le même jour, Wish you were here que
je n'avais encore qu'en cassette. Folle semaine, hein?
Il faut dire que je préférais m'en tenir à des valeurs sûres, parce que certains jours je n'étais pas bien certain de ma conversion franc/dollar et je ne voulais pas avoir en revenant le
sentiment de m'être fait avoir. Or on peut y mettre le prix qu'on veut, on ne se fait pas avoir en achetant Emperor tomato ketchup.
Septembre 1996. J'étais venu à Boston pour bosser. Un mois durant, je passais 8 heures quasi ininterrompues dans le sous-sol des archives d'Harvard à y chercher des trucs un peu glauques. Le
plaisir du midi, c'était de pouvoir circuler librement dans les rayonnages de la 2e plus grande bibliothèque du monde. Le plaisir de la fin d'après-midi, c'était de me poser chez un spécialiste
de l'expresso en lisant la presse américaine.
Pour ce qui est du soir, ça dépendait un peu de mon roommate, vu que je ne connaissais personne dans le coin. Ce gars sympa de presque 20 piges occupait seul une chambre double. Les cours
venaient de reprendre, et je lui sous-louais la demi-piaule, ce qui a du lui faire un joli cadeau de noël. Coup de chance tout de même, en métro je n'avais qu'un quart d'heure depuis le campus de
Tufts pour aller au "yard". Ayant plus de 21 ans, mon âge m'a servi d'invitation à une soirée, puisque j'étais celui qui avait le droit d'acheter de l'alcool. Ne vous demandez plus pourquoi les
ados et étudiants américains ne boivent que pour se bourrer la gueule. Mais bon en cherchant bien on trouvait quelques bières de Boston pas mauvaises du tout, des pale ale brassées à
l'anglaise.
L'avantage pour un type comme moi, c'est que Boston est de ces villes américaines avec un vrai centre, et particulièrement beau par-dessus le marché. Pas besoin de quémander un tour en bagnole
pour aller au centre commercial. Mes deux pieds suffisaient pour me ballader dans Beacon hill et ses alentours. Et passer inévitablement devant des magasins de disques. D'occasion, en
l'occurence. Je ne sais plus combien j'ai payé ce Stereolab, alors que je me souviens très bien du même soir, où j'étais incrusté à une "frat" et où j'ai dansé avec une fille adorable, que son
mec a embarqué illico hors de ce lieu de débauche dès que le morceau fut terminé.
Echec du dialogue interculturel (j'étais pourtant resté très digne, même si je n'avais pas forcément l'intention de le rester très longtemps).
L'un des meilleurs Stereolab et une ravissante bostonienne qui donnait toute sa noblesse à la fameuse "petite robe noire" (Françoise Sagan ™).
Ca fait beaucoup de jolis moments pour une seule journée ^^





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