Brooklyn heights : Beastie Boys, Au Revoir Simone

Publié le par arbobo et mario cavallero jr, artiste multimédia

Ah Brooklyn, sa vue imprenable sur Manhattan, son magnifique Prospect park, l'ambiance ultra-tendance de Williamsburg, Brooklyn et.... ses groupes de rock ! Des groupes comme Au Revoir Simone et les Beastie boys, qui y sont nés, et qui finalement n'ont en commun que les trottoirs défoncés qu'ils arpentent et le "deli" du coin, si si, celui à gauche que sa charcutaille reste bonne même à des minuit du mat'.

Comme j'ai déjà pas mal parlé d'Au Revoir Simone a l'occasion de l'aimable
interview qu'Annie m'a accordée, je vous présente un billet double face. Face A, Au Revoir Simone au Trabendo le 23 juin. Face B, les Beastie boys en concert instrumental (rarissime !) au Bataclan le 27 juin.

au-revoir-simone-trabendo.jpgFace A_  Au revoir Simone
Ce sont elles les reines de la soirée, et le public leur fait bien sentir. 

Nous avons raison, d'ailleurs, car le show est à la hauteur. Je me demandais ce que donnerait leur musique souvent très aérienne sur scène avec 3 claviers.  Je n'ai pas été déçu. D'abord Annie est intenable, et elle saute partout en nous disant que c'est  le meilleur concert qu'elle a jamais fait. Elles sont adorables, franchement. Visiblement contentes d'être là, et bien que le public ne danse pas des masses il y aurait de quoi, Heather commande une armada de percus et beatbox et ça pulse. Beaucoup plus de beat que sur leurs disques, et plus lourd aussi.
J'en fais la remarque à Heather après le concert, et elle est heureuse que j'ai remarqué les beats. Toutes les 3 prennent le temps de discuter avec le public alors que la salle se vide, Annie signe des autographes, je peux enfin la remercier de vive voix pour son interview. Je n'ai pas eu le temps d'ennuyer Erika avec mes questions. La plus grande des trois, la plus réservée également, aura peu parlé durant le concert, mais à mots choisis, pour nous faire remarquer qu'elles venaient de jouer un titre qui parle du "sort" (fate), et nous dire combien c'est une bénédiction (blessing) de faire ce concert devant nous. Là, évidemment, tout le monde craque. Comment lui dire autre chose qu'un furtif merci, après pareille tirade ^^

annie-hart-ARS.jpgHeather est plus prolixe, pas autant qu'Annie, proprement déchainée sur scène.  Mais suffisamment pour me dire qu'elles ont voulu donner quelque chose de spécial au public parisien. En plus d'un light show inédit, le cadeau se double du titre And sleep, qu'elles n'avaient pas joué depuis plus d'un an. Quand Annie disait qu'elles aiment le public français, je ne savais pas que cela irait jusqu'à ce genre d'attentions.

Cette soirée était à la double initiative de Super! et du magazine Magic, l'excellent mensuel "pop moderne" qui leur avait consacré sa converture il y a quelques mois. Klima, groupe mené par une française de Londres, a ouvert la soirée, joliment. Je ne suis pas conquis mais les morceaux ont de la tenue et du charme. Andy Yorke, avec un de ses anciens acolytes de the Unbelievable truth, ne m'a pas fait autant d'effet malgré son statut de songwriter reconnu. Je crois que tout simplement sa voix me tient à distance, mais je me suis aussi un peu ennuyé. On ne peut pas accrocher à tout. Et puis la soirée s'est si bien terminée que j'aurais mauvaise grâce d'avoir des regrets.

en plus des illustrations de ce billet vous trouverez sur mon flick'r une douzaine de photos du show (et la dédicace de cette chouette diablesse d'Annie :-)


Face B_ Beastie boys

Autant j'ai quelques passions et idées fixes, autant les Beastie boys sont plus celle de mon ami Christophe. C'est lui que j'avais suivi à l'occasion de la tournée Intergalactic, pour un concert pas mal à bercy, après 2 shows assez moyens d'Asian dub (beaucoup de puberté, peu de musicalité, en concert) et de Fatboy slim (facile et feignant, sur ce coup), les Beastie avaient beaucoup donné, essentiellement dans un sens hip-hop proche des origines.
Il n'empêche, j'apprécie ces gars là même si je suis bien en mal de citer plus de 4-5 titres sans me planter. Et là, au lendemain d'un concert au Zénith (mardi 26), ils se produisaient au Bataclan pour un concert purement instrumental. Et là, je pense illico à un disque que j'adore, the in sound of way out, où leur amour du groove 70s éclabousse chaque morceau.
Il n'a pas fallu longtemps pour que je me décide :-) Enorme concert ce mercredi, mais Mario Cavallero jr vous en parlera mieux que moi. A toi Mario.
arbobo

Inutile de faire dans l'informatif, de disséquer par le menu le tracklisting, de décrire la sémillance classieuse des tenues vestimentaires des quadragénaires sauvageons, de tartiner sur l'heureux et quasi inédit au monde (au monde !!!!) enchaînement d'un concert classique au Zénith mardi 26 et d'un concert quasi instrumental le lendemain au Bataclan, de narrer les qualités intrinsèques de la mise en son et lumière,  de disserter des ratios de titres honorés les deux soirées parmi les 7 + 1 albums (14 furent repris sur les 20 du faramineux Check your head), patati blablabla. Non, pas ça, on s'en tamponne les portugaises dans le fond. On va faire un peu de dithyrambe de derrière les platines. Et justifiée les amis, de la dithyrambe jus-ti-fi-é-e comme disait Madame Procureur qui désespérait que je m'intéresse un jour à la numération pédestre des phonèmes, syllabes et autres chieries qui font que les mots ont un relief que le rap sait au moins rendre plus pertinent que les polésies de Maurice Carême, non mais attends un peu tu vas voir que de quel bras j'me chauffe.

 
beastie-boys-by-caroline-bittencourt.jpgMais qui suis-je pour juger ? Oh, pas grand chose de plus qu'un des plus grands spécialistes de mon village du grupullent trio juif nouillorquais (pléonasme me redirait le patron du bloug, mais je ne relèverai nada des relents de jalousie de ce Woody Allen de pacotille, vague écrivaillon numérique de flagorneries sur les pétasses qui gratouillent des Rickenbakers en prenant des postures de vierges en troisième cycle de psychologie cognitive comportementale et qui n'en fout pas une rame sur Pop Hits, le site du Hit parade chanté dont il est quand même un peu responsable et y a que moi qui me fait engueuler parce je publie pas et que bon j'arrête là je m'énerve). Je reprends donc, parce que je ne vais pas me laisser marcher sur le slip par ce quart de portion. Les Beastie Boys (car il s'agit d'eux) se sont donc révélés cette année comme les parangons du paradoxe, les briseurs de Lois d'Airain du Wokenwo®, les ce que vous voulez qui revient à exprimer qu'ils sont capables de produire le même jour un mauvais album (enfin, mauvais pour eux, parce que pour la moyenne des sorties, on est dans les 50% les meilleurs, mais pas beaucoup plus) et un concert que nous autres qualifions dans notre jargon du commerce de détail en quincaillerie-jardinage dont chacun m'excusera de la technicité requise pour la précision de "génial" (et qu'on ne me dise pas que j'exagère, ça m'énerve aussi).

Traitons d'un bloc les deux concerts de mardi et mercredi : riches, longues, énergiques, diversifiées, truffées d'humour, revisitant la plupart des morceaux par rapport aux versions album, les deux soirées ont donné à voir et entendre de roboratifs et imaginatifs spectacles que l'âge des zazous ne laissait augurer. Comme d'hab', le trio, augmenté du retour du clavier fou Money Mark (dont le nouvel album est une daube, préférez le premier Mark's keyboards repair), de l'énergique et précis percussionniste Alfredo Ortiz et du phénoménal dj MixMaster Mike (désormais moins en quête de prouesses techniques supersoniques au profit d'un groove foutraque et discret) a jonglé entre les nombreux styles qui constituent leur répertoire. Sommairement, on retiendra trois familles musicales pour faire court sinon Arbobo va péter un rss. Primo : des raps furieux et pétillants comme des Pop-rock sous la langue, où Mike D, MCA et AdRock appuyés par les autres musicos bondissent comme des balles magiques sur le plateau en éructant un sabir à la mitrailleuse que seuls les brooklynois yiddisho-zulus doivent capter la fulgurance. Secundemo : des missiles de punk  hardcore, fossiles vivants de leurs débuts en 81, dont les plus longs atteignent rarement la minute et les plus mous recouvriraient quand même le volume sonore du marteau-piqueur de l'autre connard là sous ma fenêtre depuis ce matin. Tertiotrimo et surtout : des grooves instrumentaux où nos cancres démontrent leurs qualités à la fois d'interprètes et de compositeurs, inspirés et inspirants.

beastie-insoundwayout.jpgCar c'est là leur grand thème de l'année 2007 aux Beastie : ces instrus groovys, mélant des influences des années 60 et 70 qu'on se croirait tantôt aux côtés de Starsky et Hutch en train d'interroger Huggy pour ramener de l'info de première bourre au capitaine Dobey, et d'autre tantôt dans le lounge bar de l'Holiday Inn de l'aéroport de La Guardia en 67, à 23h30 un mardi. Si les morceaux composés cette année passent mieux la rampe que leur version cd (The mix-up, en vente chez tous les bons disquaires de Corbeil-Essonne et d'ailleurs), on reste babas de la revisitation des standards instrumentaux qu'ils avaient égrainés comme autant de virgules cosys, chaloupées ou bondissantes sur leurs précédents albums, regroupées magistralement dans un album que tous vous vous devez d'avoir, même si vous n'aimez pas le rap, car justement c'en est pas : The In sound from way out. Le concert du 27 dans l'étouffant Bataclan leur fit la part belle, et j'en ai détrempé ma toute nouvelle chemisette à carreaux achetée l'après-midi en solde chez Gap, comme quoi je me méfierai désormais tout autant de la camelote à 15 euros que de ces papys de la scène rap que sont ces extraordinaires Beastie Boys.

Mais bon, je vous raconte ça, mais si ça vous avait vraiment intéressé, vous y seriez allés. Alors je m'arrête, sinon vous allez regretter.

Mario Cavallero jr, artiste multimédia

Publié dans concerts

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Ska 06/07/2007 23:17

Eh ! bien, je dois avouer que je n'avais jamais écouté The In Sound From Way Out ! Vous m'avez tous deux donné grande envie de m'y plonger. C'est chose faite. Quel choc ! J'adore et dévouvre une facette des Beastie Boys que je ne connaissais pas. Dans la foulée, je découvre aussi The Mix Up. C'est vrai que, dans le même esprit, il est peut-être un peu moins convaincant... mais quel pied quand même !!!

sensi 02/07/2007 15:44

legendary live show ! Une vid de pas trop mauvaise qualite en terme de son :http://www.dailymotion.com/relevance/search/beastie+boys+bataclan/video/x2em96_beastie-boys-live_parties/1

Ska 02/07/2007 11:37

Tout à fait d'accord sur les deux concerts de Cergy. En plus, il n'y eut pas la boue redoutée. Le bonheur ! Juste une petite bruine sur Little Sister qui nous a agréablement raffraichi.  :-)C'était énorme. Mais trop court. Dur de se lever ce matin...

rififi 01/07/2007 23:37

ah ben finalement j'ai le temps d'écrire ici avant que le nouveau post arrive  :o)à moi aussi tu m'as donné envie d'écouter le CD instru. Par contre, à part le fait que vous soyez ravis du concert, je ne regrette pas de ne pas y avoir été ;-pet puis tu as raison Mario, tu risques fort de te faire encore engueuler ;o)à part ça, SY et OTSA c'était GRAND ! (et j'ai des milliards de photos, je ne saispas comment je vais faire...  8-p)

Ska 01/07/2007 10:48

euh... sinon, j'aime beaucoup Hitchcock Go Home aussi !  :-)