Vampire weekend

Publié le par arbobo

Fruit de hasards successifs, j'ai abandonné successivement l'idée d'aller écouter ce 27 octobre Deerhoof (complet) puis Neïmo (trop tard), pour tenter le coup d'un petit groupe new yorkais que je croyais inconnu.


2007-1027vampire-weekend06-copie-1.JPG Erreur, il semblerait que Vampire weekend soit en passe de devenir une des coqueluches de la scène newyorkaise. Voilà un groupe surprenant, rafraichissant, et réjouissant. Ces quatre là, tout juste diplômés de l'université Columbia, commencent par surprendre.
Lisez la critique de l'album ici.

Le son de guitare, surtout, rappelle avant tout l'Afrique, celle du Graceland de Paul Simon, voire de groupes comme le Grand funk railroad. Rien d'étonnant, a posteriori, à ce que Ezra Koenig cite le magnifique Orchestra baobab parmi ses influences. Certains de leurs titres reprennent cette référence à l'Afrique, comme Cape Cop kwassa kwassa, en écoute ci-dessus et téléchargeable depuis leur site. Mais ça reste rock, un rock un peu bayou comme Willie Deville ou Randy Newman savent en faire, un rock qui lorgne parfois vers le punk, un rock ensolleillé mais plus du rock en tout cas que du mbalax, il me semble.

Alors un grand merci à Beggars France qui a eu la bonne idée d'offrir des invitations :-)

Il y a en art, en tout cas pour la musique, certains types de plaisirs. Le plaisir de trouver à la hauteur un artiste qu'on admire et dont on attendait beaucoup, celui de redécouvrir un disque ou un artiste qu'on avait négligé ou perdu de vue, plaisir de trouver meilleur sur scène un artiste qu'on appréciait peu sur scène (ou inversement), plaisir d'être envahi par l'émotion (Shannon wright sur scène), ou encore plaisir de la découverte. Découverte en effet, et des questions sympa qui en découlent, du genre est-ce qu'il vont nous faire le coup des Specials et défoncer la barraque?

Ici la surprise renforce la découverte. Déjà, leur musique et leur jeu sont excellents. En soi ce serait suffisant pour les aimer et vouloir les faire connaître. Mais il faut reconnaître que lorsqu'on écoute énormément de musique depuis 20 ans (pfff, déjà ! ), il est rare qu'on soit entièrement surpris ou désorienté par une musique. Je ne donnerai pas d'autres exemples, pour ne pas faire peser sur eux une pression excessive.

vampireweekend1.JPG Ama-L était également à ce concert, et elle a partagé mon enthousiasme, mais curieusement nous ne faisions absolument pas les mêmes comparaisons. Elle pensait aux premières années des Smiths, notamment pour le chant d'Ezra. Voilà bien un groupe auquel je n'avais pas pensé. Mais comme elle j'ai plus pensé à des anglais (the Clash, the Jam, T-Rex, Specials, et même un peu les Smiths) que des américains (les Violent femmes, tout de même). Comment comprendre ce mélange de pop anglaise, de sonorités caribéennes et sud-africaines, d'ambiance de bayou, tout en conservant une énergie rock?
Comment, surtout, ne pas s'étonner que le mélange soit si bon, qu'il ne paraisse jamais plaqué ou surfait. Ce groupe dégage une totale simplicité. Leur musique est joyeuse et joueuse, elle nous parvient sans encombre et l'on passe avec eux un très bon moment. Il n'y a rien de superlatif dans ces chansons, et les paroles ont cette justesse d'être réussies sans chercher l'émotion ou le contenu "fort".

Ce mélange, dont je vous tartine depuis le début qu'il est surprenant, ne sort tout de même pas de nulle part. D'abord, New York regorge de musiques noires et notamment africaines. Et c'est aussi la ville du mouvement "no wave", il y a 25 ans. Dans cet article, je vous racontais à quel point les musiques africaines et caribéennes avaient fait irruption sur la scène rock d'avant-garde grâce à des pionniers new yorkais comme les Talking heads ou cette Lizzy Mercier Descloux dont je vous parle tout le temps ;-)

En plus ils sont sympa comme tous ces 4 étudiants sages. Avec leurs bonnes têtes et leur accent à croquer lorsqu'ils s'adressent à nous en français, on en ferait volontiers des potes. Je leur souhaite bonne chance.

Réjouissons-nous, car Vampire weekend sort son album déut 2008. Vous pourrez d'abord les entendre en première partie des Shins très bientôt, et on peut espérer qu'ils feront des concerts chez nous après la sortie de l'album. En attendant, vous pouvez comme moi acquérir un de leurs 45 tours, édités exclusivement en vinyl (ils ont du goût, les bougres).

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arbobo 07/11/2007 15:09

d'autres simmpressions de concert, à Brooklyn et à la Maroquinerie (où j'étais), chez la blogothèque :http://www.blogotheque.net/article.php3?id_article=3592

arbobo 03/11/2007 20:28

je dois préciser en quoi ce cpoté africain m'a surpris :que ce soit chez les anglais des Slits, A certain ratio, chez les américains des Talking heads ou tant d'autres dans les années 80, l'influence ou les sonorités africaines passaient avant tout par les percussions et/ou la basse. Une basse ultra funky, souvent, qui vient de l'afro-beat. Or l'afro-beat est justement la référence africaine qui, n'en déplaise à certains critiques que j'ai pu lire ces derniers jours, n'a pas de sens quand on aprle de Vampire weekend. J'adore l'afro-beat, j'en ai des paquets, et je ne vois pas le rapport.ici c'est la guitare qui est africaine, et parfois (parfois seulement) la mélodie qu'elle porte. La référence tient au moins autant aux sonorités qu'à la forme des morceaux ou à ses rythmiques. Du funk à la musique savante (Steve Reich), c'est par ses rythmiques que l'Afrique est entrée dans les musiques occidentales. Là, on est plus proche des musiques "pop" d'Afrique, pas spécialement enthnique ni funky non plus.ceux qui écoutent des musiques africaines auront devancé mes précisions (la divdersité musicale de ce continent est tout aussi énorme que sur n'importe quel autre, des précisions s'imposaient donc).

arbobo 03/11/2007 17:14

ray davies.... c'est vrai qu'on ne pense à lui que jeune.taquine, va ^^

Alex la Baronne 03/11/2007 16:55

Pourquoi y a Ray Davies en photo ? OK, je sors :-) !

arbobo 03/11/2007 01:08

je les ai vus en concert sans avoir saisi que ça buzzait, mais en effet lyle sur scène ça prend beaucoup plus d'ampleur, et leur énergie est très communicative, l'écoute seule n'en rend pas bien compte.