Ulysse Grant

Publié le par arbobo

Voyage sans retour.

Grant Mc Lennan est mort le 6 mai.

Je suis un peu désolé de l'apprendre et donc d'y réagir si tard, mais on ne peut pas dire non plus qu'on était intime. Mc Lennan était la moitié des Go-Betweens, avec Robert Forster.

Ce groupe australien, qui n'a gravé que quelques disques dans différents formats (duo, quartet, sextet) nous délivrait une délicieuse pop. Légère, mélodieuse, portée par des voix paisibles et attachantes, telle était la musique des Go-Betweens.

Avec Mc Lennan, c'est une partie de mon éveil musical qui s'en va, à l'âge de 48 ans. A l'époque je n'étais pas encore un lecteur assidu des Inrockuptibles, mais je glanais ici et là des chroniques de disques que je copiais à la médiathèque. C'est là, fin 1990, que j'ai copié leur 16 lovers lane que je cherchais depuis 2 ans, peut-être leur meilleur album (Love goes on, Streets of your town...).

Je venais d'entrer en Première, des affinités électives et musicales commençaient à se renouer avec Carole, à se nouer avec Jeff, Guillaume, Stéphane, Virginie, Sophie, Anthony... Et tout ce petit monde de s'échanger des disques, des vidéos, et parfois d'aller au concert ensemble.

Dans mon cher Disco+ (on y revient...), j'avais vu l'affiche du concert de Lloyd Cole à Niort. En bas de l'affiche : "Guest : the Go-Betweens". Le bruit courait en effet que Mc Lennan et Forster rejouaient ensemble après quelques temps de carrières solo. Je salive d'avance, et je demande confirmation dans le magasin. Déception : non, ils font le concert parisien mais pas la tournée. Donc je n'achète pas ma place, Cole ne me motive pas suffisamment. J'ai bien des copains qui y vont, mais ça ne réussit pas à me décider. Jusqu'au jour ou une pote du lycée me propose de lui racheter sa place à prix cassé. J'achète.

La grande salle du parc des expositions n'est pas très sexy, son seul mérite est de me changer du centre culturel. Ambiance sympa, je suis avec Guillaume, et puis c'est un des premiers concerts où je mets les pieds sans adulte. Deux freluquets s'avancent dans la pénombre, une petite mélodie commence.... Et là j'ai une banane pas possible. Quelle chance j'ai! Dire que j'ai failli rater ce concert. Les morceaux s'enchainent, les plus jeunes venus écouter Cole ne les connaissent pas, mais j'entends qu'on leur demande des titres (Dusty in here, Right here), que certains couplets sont repris par de petits groupes. Ce jour là j'ai non seulement pris un pied pas possible, mais aussi réalisé combien ma petite province que je dénigrais compte d'amateurs éclairés de bonne musique. Ne me reste plus qu'à essayer de faire partie de cette catégorie, et j'ai les amis qu'il faut pour y parvenir.

Alors par la suite j'ai acheté Before hollywood en vinyl, leur compil 1978-1990, et puis leur Peel Session. Miam.

Voilà ce que représentent les Go-betweens pour moi. De jolis moments. Et une initiation à une pop de haut vol dont à leur manière aussi bien les Pastels que Belle and Sebastian sont héritiers. Farewell, Grant.

 

Commenter cet article