Gnarls aboie

Publié le par arbobo

Gnarls Barkley, c'est le gros buzz du moment,

un peu comme Outkast il y a 1 an. Leur single Crazy est parfait pour les oreilles et le dancefloor. J'ai eu plus de mal à me faire à l'album, j'en suis à la 10e écoute depuis samedi et je commence à apprécier. Vous pouvez vous faire une idée sur leur site, le player en haut de page permet d'écouter tous les titres.

La voix du chanteur est extra, les riffs de guitare sont emballants, et il y a au moins 3 tubes sur ce disque. Pas de regret donc. Mais pas mal de remarques.

La première chose c'est que c'est un disque fâtiguant. Quand on court après la forme comme moi en ce moment c'est un peu éprouvant. Il y a des sons très compacts, des productions dures pour les oreilles, comme le fut le fameux wall of sound de Phil Spector. Le hard, le métal, ou des trucs énervés à la Prodigy sont parfois plus simples à écouter que St. Elsewhere. D'où le mauvais jeu de mots de mon titre.
Je n'ai pas encore bien identifié à quoi c'est dû. La production, déjà, mais aussi peut-être les fréquences représentées et le dédoublement des rythmes. Quand la basse lourde frappe 1, un harmonica aigu fait la scie 8 fois (en fait on 4 tempi qui se superposent, la voix principale tient une note tandis que basse et batterie en font 2, les choeurs 4 et un autre instrument rythmique en fait 8). Difficile toutefois de s'en apercevoir à l'écoute de Crazy qui tranche avec le reste de l'album.

C'est un disque d'énervés, ce qui fait aussi sa force. 14 morceaux en 37 minutes, c'est un score digne des Pixies. Le son très touffu reste bien maîtrisé, tout ça à un rythme élevé, ces deux types ne sont pas des grossistes.
Les cuivres et claviers utilisés comme rythmiques, rien d'iconoclaste à ça, mais c'est fait de manière continue, et avec des motifs aussi longs que ultra-rapide. Leur mélodie courte accroche l'oreille, l'entrainant dans son rythme effréné alors que la mélodie principale nous attend au premier rang. C'est pour ça qu'il faut pliusieurs écoutes pour sortir de la fâtigue, la mémoire auditive nous permet enfin  de sélectionner notre écoute, de se focaliser.

Crazy est présenté comme un morceau soul. C'est assez vrai, mais l'ensemble du disque reste rock. Un rock teinté de soul parfois, de funk aussi comme sur le morceau d'ouverture, ou encore surf ou boogie. Mais du rock tout de même. Sur Smiley faces, le rythme est identique au I'm still standing d'Elton John, pour prendre un morceau que tout le monde connait (ou mieux encore, similaire à celui de Part time lover de Stevie Wonder). Autant dire qu'on peut l'utiliser pour faire du rock acrobatique, ce qui n'est pas spécialement "soul". Gone daddy gone ressemble plutôt à du rock indé, d'ailleurs le disque est peuplé d'évocations. Un peu trop pour en faire un grand disque. Mais les ambiances 60s et 70s sont réussies.


Pour ceux qui ne savent pas encore, le nom du groupe est une déformation délibérée de Charles Barkley, le basketteur américain. Je vous concocte un prochain billet autour des évocations de sportifs.
 

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harold 25/05/2006 14:31

Ouaip. Bien écouté ce matin, je préfère l'album solo de Cee-lo avec la même clique. Plus varié avec toujours cette voix impressionnante.
Bonne critique :)
 

arbobo 23/05/2006 22:29

la honte sur moi djac, et sur mon innombrable descendance!de morceaux, en écoute, que 2 il n'y a. Je me le tiendrai pour dit. En même temps ce sont pas les plus épuisants, ils sojt pas fous ;-à

Djac Baweur 23/05/2006 19:18

Il semblerait que le lecteur du site de Gnarls (je serais curieux de savoir comment ça se prononce) ne diffuse que deux titres, finalement... (Smiley faces et Crazy)
Bon, comme d'habitude, je connaissais sans savoir ce que c'était. C'est toujours le même truc avec la variété, je connais sans connaître.

Bon, je trouve que le chanteur est vraiment très bon. Du vrai chanteur comme il n'y en a pas à la Star Academy.
Mais le reste me paraît vite ennuyeux, pour une écoute pure et dure. D'abord, parce qu'en effet les sons de basses sont étouffants, en particulier la grosse caisse. Ce qui m'a frappé, c'est qu'il n'y a pas grand'chose dans les médiums, entre le chant et les basses. Ensuite, c'est assez monotone, à cause d'un formatage de type dancefloor trop marqué : la rythmique de batterie reste scandée de manière TRÈS binaire, sans jamais une petite divagation, un pt'it coup de cymbale, un brin de fantaisie, quoi... La basse n'a pas de rythmique non plus, à part une scansion répétitive.

Cela dit, j'imagine que pour ceux qui veulent se déhancher sur le susdit dancefloor, c'est absolument parfait. Et je n'ai écouté que deux titres, si ça se trouve le reste de l'album contient exactement ce dont je déplore l'absence dans ces deux titres...
Mais quand tu parles de complexité d'écoute, non, arbobo, non, là écoute, t'exagère, là... ;-))
Rappelles-toi les fantaisies pour violes de Purcell !!!
Et les fugues de Bach, alors !!!
Ouais, bon, évidemment, pour bouger en cadence, c'est pas top, certes...

Trop bien ton blog, arbobo, longue à vie à lui !
(Et repose-toi, camarade)