Black est Dekker

Publié le par arbobo

Desmond Dekker fut.
 
et c'est déjà pas mal. Je vais pas forcément vous faire toutes les nécrologies de musiciens qui me tombent sous les yeux, mais après Grant Mc Lennan, Desmond Dekker mérite un adieu amical. Parce qu'il fait partie de ces artistes qui ont compté mais qui restent méconnus du grand public. Il est mort le 25 mai 2006. Bad news from the stars.
 
Je passe souvent en soirée ce qui restera son tube de 1968, The Israelites. Un morceau fabuleux. Les musiques jamaïcaines, c'est un peu comme la soul et le funk, on hésite facilement sur la catégorie dans laquelle ranger les morceaux.
Rock steady, ska, reggae, dancehall... Le Ska, pour les Français, ce sont généralement 2 disques du début des années 80 qu'on a laissé se couvrir de poussière derrière la chaine : A message du you Rudy des Specials, et One step beyond de Madness. Deux groupes de blancs. Anglais comme il se doit puisqu'il y a presque autant de Jamaïcains en Grande-Bretagne que dans les Caraïbes. Le ska est né quand Dekker était tout petit, avec des musiciens comme Don Drummond.
Mourir à 64 ans, c'est pas mal comparé à Bob Marley.
The Israelites, voilà un titre logique pour un tube de ska, puisque la religion rastafari, minoritaire à la Jamaïque, entetient des liens étroits avec les autres continents. Le récit des fondations de cette religion puise en Ethiopie, puisque le Negus Haïlé Sélassié est considéré comme le messie (son premier nom était Ras Tafari Makonnen). Mais ce messie est considéré comme descendant de Josué, un juif. Les Rastas se considèrent donc comme les descendants d'une tribu juive sédentarisée en Afrique. Jah, leur Dieu, n'est autre qu'une appellation dérivée de Jahovah.
 
D'une manière dérivée, chaque fois qu'on chante Jah, on fait aussi allusion au judaïsme. La bible est de toute manière très présente dans cete musique, par la référence constante à Babylone, mais aussi par des noms de groupe comme the Abyssinians. Dans un des disques reggae qu'il a enregistré à Kingston, Gainsbourg n'est pas passé à côté de cet aspect et ce n'est pas par egocentrisme qu'il a écrit son titre Juif et Dieu.
 
Desmond Dekker a inspiré beaucoup des groupes qui ont fait ensuite les grandes heures du ska (the Upsetters, the Ethiopians, les Skatalites de Don Drummond et Jackie Mittoo...)
Dekker est celui, lit-on partout, qui a initié à la guitare son cadet de quelques années Bob Marley. Ca n'est pas ce qu'il a fait de pire. Le groupe qui le seconda longtemps, les Cherrypies, est devenu plus connu ensuite sous le nom des Maytals. Pas mal non plus. Beaucoup de morceaux ska sont des reprises de rock ou de pop anglo-américaine. D'ailleurs j'ai prévu de vous aprler des catalogues des labels  Studio One et Trojan. Dekker lui était un compositeur.
 
Le rastafarisme est pacifique, mais Dekker s'est pourtant illustré en chantant une figure importante de la Jamaïque de l'époque, le personnage du  "rude boy". On ne trouve pas que des textes pieux, loin de là, sous sa plume. Son premier tube surfe sur la vague James Bond, en 1967, il s'appelle 007 (shanty town). C'est ce morceau qui l'a installé comme rude boy et mis à l'égal des mods britanniques.
 
Ainsi chanta the king of ska.

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Christophe 26/11/2006 01:09

Whaa l'autre comment il s'est fait mouché ! Casséééé !

...

;o[]

...

bon ok, je sors...

jm8

dédé 25/11/2006 16:20

salut je suis tombé par hasard sur ta page, un petit message pour une rectification: les skatalites ont commencé avant desmond dekker, donc s'il y en a un qui a influencé l'autre c'est dans l'autre sens
sinon bravo pour le reste...
 

arbobo 31/05/2006 14:39

puisque j'y suis : la française Melaaz, auteure en 1995 d'un album pas mal clasé en rap, y chante un morceau intitulé justement "rude boy".
Sur le 1er titre, excellent, elle parle en grande soeur aux petits caïds, avec un réel sens du groove. Mais elle lorgne bel et bien du côté de la Jamaïque puisqu'elle a repris, dès 1994 en maxi puis sur son album le No No No de Dawn Penn, avec des paroles françaises. Une reprise d'excellente qualité. Parfaite pour terminer une journée en douceur (voire en volupté).