Carte visa

Publié le par arbobo

Samedi une immense et paisible marée humaine parcourait les rues de Paris et d'ailleurs, pour protester contre les expulsions d'étrangers (notamment les enfants après des mobilisations spontanées un peu partout depuis des mois). Rarement j'ai vu un tel décalage entre une politique ultra-violente, et une forme de douceur des manifestants, forts de leur nombre, de leur unité, et d'une humanité commune.

Comme j'en parlais précédemment, les textes de Lola Lafon pour Leva évoquent les arrestations musclées, les expulsions précédées d'humiliations. On ne trouve pas tant que ça d'artistes français, je trouve, qui ont dressé leurs chansons contre le rejet de l'étranger. Longtemps après le Métèque de Georges Moustaki, Berrurier Noir faisait pogoter les foules remontées au son de La jeunesse emmerde le front national, alors que Maxime Le Forrestier demandait pacifiquement quelle différence cela fait d'être "né quelque part" plutôt qu'ailleurs. La réponse tient en un mot : clandestino, comme le dit Manu Chao.

Les voisins des Etats-Unis savent aussi ce qu'il en est. Les Fugees ont ainsi choisi pour nom une abréviation de refugees. Mais pour moi la plus belle réponse à la chasse à l'étranger tient dans la version ironiquement enjouée de Douce France par l'ancien groupe de Rachid Taha, Carte de séjour.
En 1979 Tom Petty a écrit Refugee, morceau que je découvre aujourd'hui (U2 aussi en a écrit un avec ce titre). En revanche cela fait longtemps déjà que m'accompagne la musique de Minimal Compact, et en particulier immigrant song, dont je ne savais pas encore que c'était une reprise de Led Zeppelin. Plus tôt encore, j'écoutais sans en comprendre l'enjeu, Exodus de Bob Marley.

La saison des festivals de musique vient d'ouvrir.
Celle de la chasse aussi...

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