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Publié le par arbobo

Brisa Roché, vous parlez d'un nom, comme si une chanteuse pouvait pas s'appeler Rihanna ou Desireless, comme tout le monde. Je vous demande un peu. En plus c'est son vrai nom. Bref, on frôle la faute de goût.

Il y a eu un buzz autour de Brisa Roché au début de l'année (buzz rapidement retombé, je dois dire). Je soupçonne que son regard flamboyant et se lèvres pulpeuses y sont pour quelque chose. Description d'un léger décalage.

Brisa Roché a été signée par le label Blue Note, dont on sait que depuis des années il produit plus de pop que de jazz (Saint-Germain, Norah Jones). Pour une fois il y avait une logique, puisque l'Américaine Brisa Roché a commencé à faire parler d'elle comme chanteuse de jazz, le plus souvent à Paris où elle est installée. Mais, justement, son premier album n'est pas un disque de jazz. Pas du tout. Entre rock, pop, et une reprise d'Adamo (vous avez bien lu), on peut toujours chercher, non non, pas de jazz à l'horizon. Son site est très beau, mais son album est trop hétéroclite pour convaincre totalement.

Brisa Roché a un timbre de voix à vous coller les roustons en pamoison, et elle chante excellemment. Ce qui nous fait un bon début. Mais j'attendais plus de "la nouvelle sensation". C'est qu'on devient exigeant, à la longue. Il ne suffit pas qu'un disque soit bon. En l'occurrence il est pas mal du tout, mais un brin posé. Il lui a manqué un producteur plus exigeant, qui la débarrasse de l'afféterie qui encombre son chant.

Sur le plan orchestral, la production est de qualité (merci Yvinek), et les sons, la couleur des instruments, sont parfaits. Voilà qui ferait hurler Adorno pour qui l'amour de la "couleur" éloigne de celui de la musique (mais si j'avais les goûts et l'intransigeance d'Adorno, ça se saurait ;-).

Le disque sombre parfois dans un sirupeux agaçant (little robot), et le ridicule de ses paroles françaises confine à la parodie (ce que Coco n'est malheureusement pas). La tentative rock de dial me up, vague imitation de baggy à la Elastica, nous fait lever les yeux au ciel (le rock velvetien de Helmet ray lui convient déjà mieux). Mais d'autres morceaux au contraire tirent l'ensemble vers le haut. On reste dans une pop de bon aloi, et quand warned décolle on commence à aimer le disque. Quand les morceaux reposent principalement sur le binôme voix-basse, comme dans Warned ou Luxury, la chanteuse de jazz trouve le ton juste dans cet environnement auquel elle est plus habituée. Avec le même dispositif minimal, voix-guitare, Brisa réussit enfin à sonner rock dans Baby shut your eyes, sons de guitare à la Joy division, chant à la PJ Harvey, mélodie, refrain de pop anglaise 80s, la fusion a enfin opéré. L'ensemble continue à vadrouiller, d'une inspiration à l'autre, à la recherche d'un style qui fera défaut au disque jusqu'au bout de l'écoute.

C'est malgré tout un disque qui donne envie d'aller la voir sur scène, drôle de compliment mais c'en est un puisqu'on sent une personnalité et beaucoup de talent chez cette femme. D'autant que, venue du jazz et sachant s'entourer de bons musiciens, on peut espérer que ses concerts savent éviter la copie conforme du disque et se montrer plus aventureux. Je l'ai vue un soir dans Des mots de minuit (France 2),elle y était pas mal.

Prochain concert le 22 septembre à Meaux, au festival Musik'elles.

 

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Christophe 23/11/2006 13:32

chuis dans les glandes là, donc j'ai unscanner mais pas de Luz (ou sinon j'ai bien un Saint-Jean-de mais c'est à 100 bornes).

ey6 (6 is the law ?)

arbobo 23/11/2006 12:32

c'est pas à moi que ça arriverait.(au fait tu t'en sors avec ton scanner ;-)

Christophe 23/11/2006 11:53

Je donne aussi l'info parce que certains oublient d'aller voir leurs vedettes en concert et écrivent des articles trop tard...

gbk on acid
(ha haa... saurez-vous dire pourquoi je complète ainsi le bot ?)

arbobo 23/11/2006 10:50

j'ai vu, et je me suis demandé si j'en parlerais.à l'origine j'avais décidé que non ;-)

Christophe 23/11/2006 08:36

repris des Inrocks ce matin :Un Yeah Yeah Yeahs chez Brisa RochéLa fantasque chanteuse américaine installée en France Brisa Roché, auteur en 2005 d’un somptueux premier album sorti sur le label Blue Note, The Chase s’est remise au travail.Elle est en train d’enregistrer son deuxième album avec le groupe qui l’a accompagné sur scène en 2006. Et après avoir travaillé sur The Chase avec Daniel Yvinek, Sébastien Martel ou encore Eric Truffaz, c’est avec Nick Zinner, guitariste des Yeah Yeah Yeahs, que la belle a cette fois collaboré.L’album qui sortira en mars, est produit par Henri Hirsch (Lenny Kravitz). Brisa Roché sera en concert le 6 décembre au Café de la Danse parisien, où elle devrait présenter de nouvelles chansons.63x