Soft as snow

Publié le par arbobo


Justine Electra à la Flèche d'or - nov 2005Justine Electra
rejoint le contingent des brillantes songwriteuses d'Australie venues s'installer en Europe. Mais si les Sugargliders ou le Go-Betweens lorgnaient plutôt vers l'Angleterre, Justine est allée à Berlin. Et ça s'entend.

Son album est sorti en août chez City slang, sans trop de vivas ni de couvertures, et pourtant Soft rock est vraiment un bel album. Un très bel album, même, qu'elle a entièrement écrit et produit elle-même. Le titre est assez surprenant, puisque j'ai du mal à classer ce disque en rock. Le mélange le plus évident est entre folk et electro. Un mariage réussi, et qui permet à Justine Electra d'avoir d'emblée une patte, un son à elle. Du coup les influences multiples qu'on discerne ici et là ne sont pas dérangeante. Au contraire, savoir digérer les influences sans perdre son style propre n'est pas donné à tout le monde. Ses goûts tranchés s'entendent d'eux-mêmes, ce qui ne l'empêche pas de ridiculiser au passage "those hip-hop guys showing their pants, you know, it's my dream and my fantasy" (killalady). En vérité, soft rock renvoie pour Justine non pas à la rock music, mais explique que "c'est une manière de désigner le coeur". Métaphorique et sensible, telle est Electra.

Au rang de ces influences, un nom que je ne cesse d'incanter ici comme une formule magique : Cat Power. Sur Killalady ou defiant+proud, plane bien l'ombre de la bienaimée Chan Marshall. Mais aussitôt le clavier electro, sobre mais rudement berlinois, nous éloigne de la frange de l'américaine. On passe d'une superposition à l'autre, sans collision des styles. Sur Calimba song, le chant évoque celui de Morcheeba, bien que la voix bien posée de Justine soit un peu plus nasale. Toujours cette synthèse entre folk, aux commandes dans my best friend, ballade bluesy, et electro qui prend le pouvoir avec une puissance sourde dans railroad baby. Ce titre est presque un post scriptum au délirant Outside de David Bowie, album phoenix, renversant. Dans blues & reds, elle réussit même à faire un petit avec Neil Young et Tricky (pitié pour mes métaphores). Expérimentatrice brillante, qui connait par coeur son manuel du petit chimiste illustré. Expérimentatrice et précoce, puisqu'elle a écrit mom +dad + me + mom, qui figure sur l'album, à l'âge de 8 ans.

Par instants aussi, on retrouve les jeux infantiles et oniriques de Cocorosie, maisons de poupées musicales peuplées de créatures étranges. La voix trafiquée, notamment, qui peut aussi renvoyer à celles de Lady & Bird, vient du passé, de l'enfance.

La musique, douce, balancée, caressante, est aussi volontiers répétitive. Cyclique, même, comme sur Autumn leaves. Nous y voilà. Malgré le nombre d'influences ce disque n'est pas un patchwork. Et son identité, très audible, tient aussi à ce côté circulaire. Dans cette ambiance brumeuse règne une atmosphère de conte. Ce disque, c'est un peu une histoire qu'on raconte aux enfants pour s'endormir, sans cesse répétée, peuplée de petites frayeurs et de jolies trouvailles, mais toujours rassurante. Un cocon sonore, une chambre d'enfant dans laquelle vivrait une post-ado futée et sensible.

Justine est touche à tout. Non seulement elle fait tout sur son disque, mais elle est également auteure (en tout cas son site annonce des stories à venir), et passionnée par les matières. Pour la pochette de son disque elle a pris des clichés utilisant abondamment des mélanges de tissus et autres matériaux. elle en a même tiré un jeu pour son site, un jeu des paires où l'on retourne 2 cartes à la fois et doit retrouver les paires. Au fur et à mesure on découvre une photo d'elle penchée sur sa machine à écrire. Sa bd consacrée à Joe Strummer est totalement moche, mais j'ai rarement l'occasion de voir une fille dessiner des mecs la bite à la main, au moins il y a l'effet de surprise. Surtout après la sophistication de sa musique ;-)

Pour l'instant, aucune date en France n'est annoncée, mais la mention laconique d'un "full european tour" début 2007 laisse de l'espoir. Parce que j'ai écouté plus de 50 fois ce disque en 3 semaines, et que si j'osais je dirais qu'il est drôlement attachant.

Commenter cet article

Ama-L 02/02/2007 21:20

C'est beau Internet, tu parles des gens, ils viennent te laisser un petit mot. (En vrai c'est aussi un peu flippant parce que tu es obligé de faire un minimum gaffe à ce que tu racontes. Imagine, si les principaux intéressés étaient venus commenter notre débat de dingues sur la sexytude :-D ).

Christophe 02/02/2007 19:40

Hey Arbobo, c'est quoi ce faux comm' ? C'est pas déontologique ça ? ;o)

fp4

arbobo 02/02/2007 17:15

j'ajoute que la Fnac tient ses promesses : si vous téléchargez l'album sur son site (avec 4 titrs bonus)http://www.fnacmusic.com/album/7b2d5432-a15f-4bc1-aaad-4467c547e42c.aspxle taux des mp3 est de 256k (au lieu du traditionnel 192 indigne du téléchargement payant), et apparemment sans DRM.raison de plus pour se jeter sur ce disque :-)

arbobo 02/02/2007 17:11

hey, thanx for passing by ! I'm blushing ^ ^good luck for the auditions of your tour band in february.

justine electra 02/02/2007 16:27

it's true - i DO love david bowie and i DO love cat power. they are both great. and the BEATLES and PINK FLOYD. nina simone is also quite fine as is siouxsie and patti and chrissie. thanks for the lovely article!xxxps i am very very proud that you're not on crack