A bigger band

Publié le par arbobo

Je poursuis sous un autre angle mon billet précédent (dans lequel j'aurais bien fait d'intégrer Paul Weller, ancien de the Jam et du Style council).

Combien de fois n'a-t-on pas entendu de jeunes arrogants se proclamer "le plus grand groupe de rock du monde" (souvent dans le seul but d'attirer l'attention et de faire décoller les ventes). Ce fut par exemple la prétention d'Oasis, qui pourtant a rapidement épuisé son potentiel en se répétant à vide.

Alors que pour construire le plus grand groupe du monde, il existe une méthode éprouvée. C'est celle des Enfoirés, mais en mieux :-)

On a trouvé un nom pour ça, puisque l'industrie du rock a une capacité inépuisable à trouver des noms pour tout et n'importe quoi. Parfois on se foule pas et ça donne les "supergroupe". Original.... mais parlant.


Un des plus beaux projets repose sur un relatif abandon d'anonymat. Figurez-vous que je croyais me souvenir que les Traveling wilburys étaient un projet lancé par Mark Knopfler. Parce que mon beau-frère qui m'a fait connaître ce groupe est un fan absolu de Knopfler dont il a tous les disques, même des B.O. très oubliables (c'est pas moi qui lui jetterai la pierre). Tout faux, Bill. A la lecture des infos me reviennent. Dire que j'avais oublié tout ça ! Pffff

Les Traveling Wilburys, donc... Dans cette famille imaginaire, chaque star a délaissé son nom pour incarner un membre de la famille Wilbury. Or de l'un à l'autre des 2 disques (j'en ai un an K7 qui traine dans un coin), la "photo de famille" ne montre pas les membres. Puisque rien sur les pochettes n'indique la véritable identité de ces petits et grands génies, c'est par devinette et par enquêtes successives que les noms ont fini par être connus. Ils ont poussé le vice jusqu'à appeler "vol. 3" un disque qui était pourtant leur second. Histoire d'alimenter la légende d'une biographie factice d'un groupe qui aurait effectivement fait un jour un "vol.2" (en fait l'album de Tom Petty de 1988 fait office de vol.2, et leur compil-bootleg de vol.4).

Puisque vous n'en pouvez plus d'attendre (... hum), celui qui lança le projet est Jeff Lynne (leader du Electric light orchestra), et un autre membre Tom Petty, celui des Heartbreakers. Mais come si ça ne sufisait pas, les Wilburys comptaient aussi des monstres de l'histoire de la musique comme Bob Dylan, Roy Orbison, George Harrison. Rien que ça :-D  Roy Orbison ayant pris l'express de minuit quelques semaines après la sortie du premier album, en 1988, le second paru en 1990 lui était dédié. Pour l'anecdote : la première fois que j'ai entendu parler de Roy Orbison, sans doute vers 1988 où je découvrais à la fois mes 14 ans et le rock, ce fut pour lire à son propos qu'il était "le Caruso du rock'n'roll". Super. Impressionnant, génial. Bon, c'est qui ce Caruso, il est percussionniste chez Laurent Voulzy ou quoi? Bref, j'ai plus appris de lui en écoutant ses chansons que par des allusion à l'opéra auquel, 18 ans plus tard, je m'intéresse toujours aussi peu.

En jazz, j'ai tendance à croire que Weather Report (Joe Zawinul, Wayne Shorter, Airto Moreira, Jaco Pastorius) a été conçu comme un super band, mais en jazz cette notion n'a pas beaucoup de sens.

J'ai déjà parlé (toujours ici) des musiciens attitrés de certains labels. La spécialité des labels soul-funk était de sortir des albums de leur all star. Par exemple c'est au Philadelpia all stars qu'on doit le fabuleux Let's clean up the ghetto, dont le premier riff (dont s'est inspiré Rick James), entêtant à souhait, est un des plus accrocheurs que je connaisse. On y entend notamment le suave Lou Rawls, ou encore Teddy Pendergrass, âmes du label Philadelphia International.

A mi-chemin de ces 2 pôles, super-groupe et allstar de labels, on pourrait situer le Buena Vista Social Club. Sa reformation tardive, à l'initiative de Nick Gold et de Ry Cooder, en a vite fait un all star, vivier de vieux-beaux aussi décatis que magnifiques dont les tournées et les disques solo qui suivirent le films rencontrèrent un succès mérité (j'ai vu Omara Portuondo au parc floral, c'était vraiment mais vraiment le pied).


C'est probablement une forme de supériorité qu'a la musique sur d'autres formes d'art. On voit mal un allstar de sculpteur modeler une même pièce chacun à sa manière, ou un collectif de photographes se déchirer pour savoir comment cadrer ceci, comment éclairer cela. Je ne dis pas que le travail collectif est impossible, y compris pour les arts graphiques, mais la musique permet quelque chose d'autre, voire quelque chose de plus, de ce point de vue.
Enfin moi je dis ça, je dis rien...

Publié dans transversales

Commenter cet article

nicolas 19/11/2006 01:38

Si vous êtes fans de Jeff Lynne et des Traveling Wilburys, il y a cette adresse:http://www.elodiscovery.comNicolas

Christophe 15/10/2006 15:58

le dire serait m'aliéner quelqu'un de très sympa.

mais je ne peux en dire plus...

mm2

Djac Baweur 15/10/2006 12:51

Et donc, Christophe, qui est-ce que tu traites de grosse cochonne ?

Christophe 14/10/2006 23:09

Je ne peux absolument pas en parler sur ce blogue, ce serait indélicat de révéler les pencahnts zooph.. euh je ne peux rien dire actuellement, laissez-moi messieurs dames

sh6

Djac Baweur 14/10/2006 21:48

Bon, les supergroupe, c'est bien gentil, mais une seule question qui vaille la peine :

QUI ?

(et fais pas semblant de pas comprendre)
;o)