K-bis

Publié le par arbobo

Allez comprendre, on croise des dizaines de noms de groupes tous les jours, dans la presse spécialisée, sur des affiches dans la rue, et on va les écouter, ou pas...

Je ne sais plus si on m'a parlé de Mademoiselle K ou si elle n'était qu'un de ces noms aperçu sur les affichettes sauvages agrafées le long des rues de Pigalle. C'est en regardant l'émission de Fredéric Taddéï la semaine dernière que j'ai eu la révélation. Paradoxe s'il en est, c'est dans une émission consacrée à la musique qu'elle a retenu mon attention. Paradoxe, évidemment, car chaque émission se termine par un morceau interprété en live, morceau qui ressort forcément dans une émission sur d'autres arts, mais qui n'est que le 5e ou 6e musique de l'émission lorsque tous les invités sont musiciens. Le 16 janvier, Taddéï avait fait venir des pointures pour parler des reprises. La seule à ne pas en faire fut Mademoiselle K, qui planta crânement son single Ca me vexe après qu'on entendit Voulzy, Agnès Jaoui ou Joey Starr.
J'aurai mis le temps, à découvrir ce titre, mais au moins c'est fait.

Quel panard, mais quel vieux bon panard ce morcif :-)
Racé, agressif et retenu à la fois, baggy en diable, nourri à Elestica, à the Rapture et autres rock groovy, si vous voulez un morceau qui avale goulument la frontière entre rock et funk vous avez tout bon, changez rien, demandez à la demoiselle, qui s'y connait.

De dos, nue, sur la pochette de son album elle renvoie à Springsteen (et une autre pochette qui trotte dans ma tête sans que je remette la main dessus !), et de face, à la télé comme sur son site, on lui trouve inévitablement, avec sa mèche frondeuse et son regard "l'air de rien", une ressemblance avec la Nina Hagen des débuts ou avec toute la scène electro-punk de Le Tigre à Chicks on speed.
Bref, elle a de l'allure, beaucoup d'allure, et un air de s'en foutre qui colle à sa musique désinvolte. Cousine francophone des CSS, si on veut.

Car on n'est pas vraiment ici dans la "chanson française", fut-elle rénovée façon Keren Ann ou Benabar. Seul lien, tout de même, cette voix à moitié chantée à moitié dite, qui sur Reste là peut rappeler certains morceau de son homonyme Katerine. Pas de la chanson à texte donc, non pas que les siens soient mal écrits mais on est peu dans le "message", lorsqu'il parait il est sombre et humaniste, pour les victimes du productivisme, mais le reste est partagé entre quotidien désabusé et plusieurs textes qui lutent contre une rupture difficile.

Dans une interview, Mademoiselle K dit que c'est en entendant -M- en concert qu'elle s'est dit que le ça pouvait rocker en français. Curieuse impasse sur Noir Désir, qui en faisait déjà la démonstration depuis plusieurs années, mais sans ce mélange de punk-rock et de groove baggy qu'elle nous balance. 
Peu de françaises ont vraiment rocké avant elle. Dans son style inimitable, Lizzy Mercier Descloux. Et puis cet ovni dont je reparlerai un jour pour son passé et pour son album de 2005, Buzy, dont le Dyslexique résonne à mes oreilles depuis que j'ai commencé à écrire cet article. Ne vous y trompez pas, sous ma plume cette comparaison se veut flateuse.

On sent de très nombreuses influences sur ce disque, pas toutes digérées au point d'être fondues dans un style personnel. Mais quand ça passe aussi bien qu'ici, et que c'est lancé avec cette générosité et ce talent, ça ne me gène pas, en tout cas pour un premier album elle fait mieux qu'un coup d'essai, en dépit de tous les "mais" qu'on peut accumuler.

Difficile, par exemple, de ne pas penser à Laika d'Arcade fire lorsqu'on entend le premier titre de l'album (ou U2 sur le dernier). Mais les évocations ne vont jamais jusqu'au plagiat, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Son goût pour -M- se sent aussi très nettement, dans ce groove qu'elle installe dans son rock avec assiduité, c'est pas si souvent que le rock est aussi dansant, si elle continue sur cette voie on la retrouvera bientôt sur les plates-bandes de Franz Ferdinand. Sur la totalité du disque, pour ce mélange de guitares dures et de groove baggy, c'est de The Rapture qu'elle est sans doute le plus proche parmi les groupes actuels, ce qui veut dire par conséquence une filiation avec la no wave de Television/Talking heads/Blondie. Une rythmique balancée comme un des Clash les plus disco, une guitare nerveuse et un peu agressive, une voix qui flirte avec le cri sans y verser complètement...
Pas le choix, soit on danse soit on a les nerfs en pelote parce que c'est là qu'elle gratte, et si on se pose pour écouter on se prend Crève en pleine gueule. Un hurlement blessé, contre un ex qui pourtant ne "mérite même pas cette chanson", avec sur certains riffs des accents de Nirvana. Le genre de gueulante à vif qui aurait pu lui valoir de figurer dans cet article. Défouloir, comme une bonne partie du disque, un défouloir auquel nous sommes généreusement invités.
Mademoiselle Katerine prend même la peine, sur le final, de nous demander si ça nous a plu et si on reviendra, laissant entendre que sa musique n'a de sens que si on l'écoute comme à un concert, debout et avec des potes.

Des potes, j'espère qu'elle s'en fera sur ce blog, qui paraît parfois chercher à conjuguer les contraires. D'ailleurs le manager de Mademoiselle K (Katerine Gierak) est un dénommé Yvan Taïeb. On parlera dans 3 jours de sa tante, Jacqueline Taïeb, pour une ambiance musicale assez différente :-)

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Oliv 08/03/2007 11:05

Très Très Bon ton Article !!

Ama-L 10/02/2007 22:52

Ha haaaa... Tu vas parler des Naast aussi?

arbobo 10/02/2007 19:39

content que Melle K te plaise :-)pour les autres, si je t'en ai parlé c'est que ce sera l'objet du prochain billet, mardi 13. ou "la revanche du gel capillaire sur la guitare rock"

arnaud 10/02/2007 17:30

eh ben en tout cas, ça me plait ta Mademoiselle K.
Au début, j'ai tout de suite aimé ( Reste là) mais j'aimais pas sa voix. Avant la fin de la chanson, j'avais déjà accepté sa voix et j'ai écouté avec plaisir. Je trouve tout de suite que c'est une musicienne Rien à voir avec ces pouffiasses de Platicicililieene. D'ailleurs pardon Mathieu, mais je vois que je n'ai pas jeté le mail que je t'ai envoyé sur ces 4 pétasses donc je vais le copier coller dans ce commentaire.
En tout cas, merci de m'avoir fait découvrir Mlle K
...
parce que Plasticine, c'est rien que de la merde.En tout cas, c'est ce que je pense après avoir écouté les 4 chansons de leur myspace entièrement deux fois ! Elles ont des gueules de pétasses, elles ont l'air fadasse, toute fabriquée par une boite de production qui aurait aimé qu'elles aient des nichons plus gros, mais bon tant pis on les prend quand même.
C'est fadasse, le son est banal, les chansons n'ont aucun intérêt. D'aucun diront que la simplicité de leur son se rapproche des grands groupes de rock et pour faire bien, parce que c'est la mode, ils diront groupe post rock de la fin 70, début 80. Mais en fait, ces filles ont tout simplement aucun goût ou alors c'est leur producteur qui manque de goût ( déjà qu'il leur a pas fait refaire les nénés). Donc, le son est sans intéret et après la deuxième écoute, le pire des constat arrive : les compositions sont mauvaises. J'entend par là la mélodie, le couplet et le refrain, c'est nul, quoi ! A 14 ans, tu fais des morceaux comme ça si tu veux apprendre à jouer sur ta guitare en plastique, mais pas plus.
Personnellement (parce que jusque là, j'étais objectif comme tu l'as remarqué) en tant que bassiste, je n'aurai pas envie de jouer ses compositions.Trop honte.
Bon j'arrête là parce que sinon je vais m'énerver et passer un mauvais samedi.
Bonne journée
aranud

mitch 01/02/2007 19:25

bonjour a tous il i a un tout nouveau mix electro 2007 de dj cobay a telecharger c'est gratuit l'adresse et djcobay.com salutation mitch