concerts

Jeudi 6 novembre 2008 4 06 11 2008 00:19

Le "rock" a fait son retour depuis quelques années, mais on pouvait croire que le hard rock et ses dérivés ne sortirait pas du cercle de ses habitués avant un moment.

Pourtant, le gros son qui tue se porte bien, et de jeunes pousses y vont gaiement. Il y en a qui n'ont pas attendu les retours triomphants de Metallica et AC/DC pour fourbir leurs armes.

Venant de province où j'ai grandi à 400km de Paris, j'avais cru comprendre que le public hard poussait difficilement en-deçà du périphérique. J'avais plutôt tort et je suis assez content de cette découverte.


Découvrez 2413351,TOP! TOP! THE
RADIO!,0,Sunshine,0,Dreamer,380647_GKbXMQue.mp3,0,1,0,0,0
!


Un festival européen, Europavox,  nous a donné l'occasion de découvrir des rockeux d'un peu partout à la Maroquinerie. comme tout le monde chante en anglais avec parfois un accent excellent, on découvre par hasard la nationalité des groupes. difficile de prendre les paris.
J'étais venu revoir les Elderberies, un groupe qui pose souvent ses valises à Clermont-Ferrand mais qui compte surtout dans ses rangs des anglais et canadiens.

Fines moustaches accordées, les Elderberies balancent des titres de leur premier album et du nouveau qui paraitra en janvier. A les entendre on peine à croire qu'ils soient en rodage (soi disant), les morceaux brillent comme des motos chromées et vrombissent plus fort qu'un moteur de F1.
Les Elderberies ont ingurgité toute l'histoire du hard, avec un penchant assumé pour AC/DC. Mais Alexandre avec qui j'étais venu a aussi entendu une citation à Iron Maiden (The trooper, de mémoire). Toujours aussi sympa et gonflé à bloc, le chanteur Chris Boulton était ravi que quelqu'un ait entendu ce clin d'oeil.
Ca part pied au plancher et ça cogne avec maîtrise, on saute comme un maboul et on en redemande. Les Elderberies en concert ça vous électrise. Pour patienter avant le nouvel album début 2009, on peut pousser les boutons et mettre le premier en sautant tout partout (vous aurez noté que si le rocker saute partout, le hardeux, lui, saute "tout partout", un chroniqueur se doit d'être précis :o)

Histoire de continuer le voyage, on a aussi découvert Sunshine. Curieux groupe que ces tchèques là, on dirait que le chanteur (la quarantaine?) a le double de l'âge de son guitariste. On se rend vite compte que ces lascars ont roulé sur pas mal de scènes depuis 1994, c'est puissant et hyper professionel.
Un chanteur doit avoir une sacrée expérience pour pouvoir tenir sa ligne sans pousser sa voix tout en étant penché par dessus les retours. Autrement dit il n'entend rien mais continue de doser comme un chef. D'ailleurs il ne tient pas en place, on l'a vu aux quatre coins de la salle et a réussi un faire bouger un public malheureusement clairsemé.

Sunshine a dû écouter en boucle ce qu'on appelle la "nu rave", rappelant les rythmiques et la présence des Rakes, Radio 4 ou the Rapture. A savoir un mélange hyper dansant  qui lorgne un peu vers le punk et beaucoup vers une new wave bien lourde. Lourd mais dosé. Le groupe donne tout et nous, déjà un peu crevé, nous savourons.

Alors que je n'ai jamais écouté autant de folk et de productions guitare-voix que cette année, ça fait du bien de transpirer un vieux coup la langue pendante façon greuarr (je me demande si je n'en dis pas un peu trop sur ma vie, là). Ne croyez pas pour autant que ces groupes soient bourrins, leur rock est direct et punchy mais à moins d'être rétif au hard quel qu'il soit, on a vu le haut du panier ce soir à la Maroquinerie.

Un groupe parisien pour finir,
Malko. Un groupe de hard avec une chanteuse, ça change et ça fait plaisir. Ca n'est pas exactement du hard mais le volume et la puissance sont là. On pense souvent à Elastica ou du rock anglais bien baggy, moins sucré et moins Blondie que sur leur Myspace.
Le son pourri de la salle n'a pas aidé le groupe à se mettre dans le bain mais après quelques tatonnements ils ont serré les rangs et envoyé du lourd. On vous mettra des photos très bientôt :-)

On a encore sauté tout partout, pour un peu j'en aurais oublié mes bouchons d'oreille et je me serais cru jeune à nouveau ^^
Vous les retrouverez samedi, 8 novembre, à Mains d'oeuvre (Saint-Ouen).


Allez on se quitte emmailloté dans un drapeau tchèque avec un titre de 2006 :-)



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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 10 2008 11:47

Les bons plans ne manquent pas, comme d'habitude,

petit kit d'urgence pour animer vos soirées et vous changer les oreilles :-)

mercredi 8 :
Mélissa Laveaux, nouvelle signature du label No Format avec son très joli Camphor and copper, à la Cigale pour le festival Factory , puis en tournée un peu partout
la
programmation du festival factory est superbe !
Ce soir aussi, Housse de racket inaugure son statut de sensation du moment à la Locomotive

Jeudi 9 :
Ladyhawke vient triompher au Point éphémère, 10 jours après la sortie de son album, elle vient renouveler son exploit scénique de l'été. J'adore !
(et c'était canon les amis :-)

Vendredi 10 :
Mademoiselle K joue au Plan, à Ris-Orangis
Mariée Sioux à Argo notes (Montreuil), la soeur de lait d'Alela Diane

Samedi 11 :
même pas  de dilemme à avoir car
Siobhan joue à l'Abracadabar à 17h
et Marie-Flore à Glaz'art en soirée :-)
avant ça vous aurez pu faire un tour à l'inauguration du 104, nouveau lieu de création de la Mairie de Paris (avec notamment à partir de 19h Tricky puis Air)

dimanche 12 :
re-dilemme, entre
la papesse de l'orgue, Rhoda Scott, au Sunset dans le cadre du JVC jazz festival
et Archie Shepp au New Morning

lundi 13 :
suite du Fargo all stars festival, un must du genre, à la Maroquinerie

mardi 14 :

les très cool et très AC/DCiens Elderberies à la Maroquinerie. big sound, baby

mercredi 15 : 
Of Montréal à l'Elysée Montmartre
Daniel Darc sera avec à l'Alhambra les 15 et 16 et revient le 17 en compagnie de Tanger

jeudi 16 :
Revolver à Saint-Eustache (je connais pas trop mais vous verrez dans les commentaires de cet article que les avis sont partagés)

vendredi 17 :
les nouveaux et débordant de peps Blackpool passent à la Java (avec Pamela Hute) pour la sortie de leur album French fuckers ^^


conclusion : vous dormez quand?
eh bien.... je me le demande :o)

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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 09 2008 12:57

C'est comme si on touchait le plafond, c'est comme si on connaissait ce groupe depuis toujours, et on ne veut pas que ça finisse, malgré la voix enrouée d'avoir trop crié notre joie, malgré la fatigue provoquée par la tension de cette musique...

Shearwater avait beaucoup pour ne pas intriguer. Certes, ils sont sur un label excellent, Matador, qui publie Mogwai, Cat Power, ou encore Belle & Sebastian... C'est un début intéressant, mais un catalogue est parfois inégal (cela dit sans offense pour Jennifer O'Connor, qui fait ses débuts précisément dans cette écurie).

Shearwater est le projet d'un homme dont je vous ai déjà parlé sans le nommer. Car il était le clavier d'Okkervil river, ce somptueux groupe texan dont je répète à l'envi que c'est un des plus sous-estimés de la décennie. Mais voilà, avec son 5e album, Rook, Shearwater commence à rencontrer le succès -avoir signé chez Matador n'y est probablement pas pour rien- et Jonathan Meiburg ne peut plus mener de front les deux tournées.

Voilà enfin clarifiée la situation, même si les membres d'Okkervil auraient volontiers continué l'aventure ensemble. Will Sheff et Meiburg ont monté ensemble les deux groupes,  Mais Sheff s'impose d'emblée comme le leader et chanteur d'Okkervil river, dont il signe toutes les chansons. On comprend vite sur scène comment son charisme a pu justifier cette place au premier plan.


Découvrez Shearwater,Palo Santo !



La première surprise est de ne sentir qu'une parenté relâchée entre les musiques des deux groupes. La seconde, et pas des moindres, et d'être happé par l'une des plus belles voix que j'aie entendues. Quelque part entre Mark Hollis et Perry Blake, autant dire à des hauteurs où l'on ne croise pas foule.

On est d'abord surpris qu'un chanteur tel que Meiburg ait été aussi peu utilisé pour ce talent, tous les membres se relayant pour appuyer la voix de Sheff. Déjà multi-instrumentiste, Jonathan Meiburg a poussé encore plus loin la participation des autres membres, dans Shearwater. Sur scène on les voit passer d'un bout à l'autre de la scène, la bassiste prenant la guitare, le clavier une trompette, Meiburg passant du piano au banjo, ou encore le batteur (remarquable!) à la clarinette.

Avec Shearwater on touche le direct rapeux des Violent femmes, le songwriting inclus
le lyrisme à fleur de peau de Nick Drake
la synthèse rock passé-moderne d'Okkervil river
l'évidence mélodique d'un Supertramp, la voix d'un Jeff Buckley sans affèterie
un chanteur aussi habité que Shannon Wright
la douceur d'un Perry Blake sans la mollesse, la force bienveillante d'une Joan as Police Woman
la capacité à nous bouleverser d'une Cat power ou d'une Beth Gibbons,
et une envie de les aimer comme j'en ai rarement.

En quelque sorte, là où Okkervil chante dans des granges, Shearwater le fait dans des chapelles (voire des des cathédrales, parfois). Pour le dire autrement, Okkervil est aussi américain que Shearwater donne l'impression de ne pas l'être. On se demande parfois si l'on ne voit pas plutôt un trésor caché des campagnes irlandaises, transcendé par la pop.
On sent bien que contrairement à son groupe-frère où les morceaux sont composés à la guitare, Meiburg écrit ceux de Shearwater au piano, principalement. L'approche en devient différente, plus classique, plus portée sur la mélodie que sur les accords. Mais c'est la notion d'ensemble qui l'emporte, come dans une construction classique, ou comme chez Hitchcock go home! auxquels ils font parfois penser, Shearwater entrelacent leurs parties, combinent leur énergie pour en dégager une plus forte encore, plus profonde. Avec comme instrument clef là aussi le banjo, dont ces groupes nous font découvrir une capacité étonnante à faire vibrer la corde sensible.

Comment peut-on atteindre un tel lyrisme sans verser dans le pompier? Cette énigme est à la mesure du génie de Meiburg, et de l'entente parfaite avec ses musiciens. Dans une Maroquinerie remplie à ras bord, le public retenait son souffle à chaque changement de rythme, tremblait ensemble à chaque envolée, frissonnait comme un seul organisme dès que Meiburg prenait le micro.

Vivre un tel concert est un moment de grâce, une expérience peut-être. J'ai rarement été porté à ce point au-dessus du sol par un concert, dont l'intensité m'a parfois rappelé celui de PJ Harvey. C'est dire.

Si Meiburg et ses musiciens ne dégageaient pas autant de générosité, on pourrait être effrayé du pouvoir de leur musique, de la force avec laquelle ils nous font passer par toutes sortes d'émotions jusqu'à l'épuisement. Jusqu'au ravissement.

Après avoir été porté à ce firmament, on trouverait presque plats les disques qui pourtant nous avaient décidé à aller au concert, qui pourtant nous avaient donné la chair de poule. Et ils sont superbes ces disques, chacun dépassant le précédent. Je vous invite à découvrir d'abord le dernier, Rook, sur lequel Rooks ou Leviathan, bound, ont de quoi vous donner l'énergie de déplacer les montagnes à mains nues. Vous pourrez ensuite vous lancer avec gourmandise dans Palo Santo, l'album précédent de Meiburg intitulé d'après sa ville natale, dans une édition augmentée d'une dizaine de titres, dont une version alternative de l'hymne Red sea, black sea. A écouter debout, volume à fond, face aux éléments, en invoquant les animaux de la Création.

Comme nous sommes chanceux, Shearwater revient, pas comme tête d'affiche cette fois mais en ouverutre pour Silver mount Zion, le 10 novembre à Rouen, le 11 au Bataclan et le 12 à Lyon. Précipitez-vous !
Et d'ici là régalez-vous des photos de Chrystèle à la Maroquinerie, dont certaines illustrent cet article.

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Samedi 20 septembre 2008 6 20 09 2008 13:38
Cela arrive si rarement qu'on a peine à y croire : on tombe un peu par ahsard sur la page d'une jeune artiste,
on va la voir en concert dans un petit bar,
et on comprend instantanément qu'on a la chance d'assister à la naissance d'une carrière. Au début de quelque chose de pas banal.

A l'essort d'une artiste dont a déjà du mal à se passer.

Tant de beauté dans la voix, de maturité dans l'approche des chansons, tout cela chez une personne si aimable et humble que c'en est désarmant....
Siobhan Wilson sera notamment le 30 septembre aux Disquaires,

Je vous en avais déjà parlé ici. Ne soyez pas assez fous pour manquer une telle occasion !
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Mardi 10 juin 2008 2 10 06 2008 10:14

Il y a une expression un titre de chanson plutôt, pour des évènements de ce genre : "a night like this".

Oubliez ce que vous savez. Oubliez le dictionnaire et ce que vous croyez savoir de mots comme "violence", "déflagration", "brutalité".

Oubliez qu'il s'agit d'un concert. Fermez la bouche et contentez-vous de subir gentiement la déflagration. C'est My Bloody Valentine en concert et vous vous en bloody souviendrez !

En 1992 je ne suis pas allé voir My Bloody Valentine sur la tournée de Loveless. Et durant les 16 années qui suivirent je couvais d'un regard envieux ceux qui y avaient assisté. Car voilà ce qui venait de se passer : en 1991, une triple déflagration renversa la musique rock, Dry de PJ Harvey, Blue lines de Massive attack, et Loveless de My Bloody Valentine.

A la différence des précédents, c'était déjà le 3e disque du groupe, qui poussait au-delà de l'imaginable les frontières du rock et du son tout court. J'ai eu la chance, adolescent, de m'éveiller à la musique avec quelqu'un qui me faisait écouter en 1988, Cure, Echo & the Bunnymen, mais aussi les tout nouveaux Pixies, the Jesus & Mary Chain ou... My Bloody Valentine.
De telles rencontres sonores vous marquent, et rendent même exagérément dur envers tout ce qui n'est ni "nouveau" ni "au-delà" de quelque limite artistique. Car bien que je chérisse des titres comme Soft as snow, ou You made me realize, c'est bien avec Loveless que j'eus le sentiment de vivre une expérience-limite.

Un courant d'air a fini par faire choir le coin qui bloquait la machine à arrêter le temps. En en 2008 on retrouve les quatre musiciens comme si rien n'était passé, et une Belinda d'une beauté captivante.

Presque sans un mot, les MBV ont attaqué direct façon revival. Mon corps et mon esprit étaient parcourus de sensations innombrables. Les lumières nous bombardent de coups, flashs crépitants hyperpuissants. Tout le fond de scène est occupé par la projection d'extraits frénétiques, même lorsqu'il s'agit de scène bucoliques, accélérées à un rythme fou pour suivre celui effréné des musiciens.
Un choc sans précédent dans ma carrière de spectateur. Ce n'est pas comme foncer pied au plancher droit dans le mur, c'est carrément le mur qui se projette sur vous à une vitesse vertigineuse. Et on n'attend plus qu'une chose, avidement. L'impact.


Chaque morceau commence par un riff rageur pour vérifier si le volume est assez étourdissant. Car durant tout le concert Kevin Shields s'est plaint de ne pas pouvoir jouer au niveau qu'ils voulaient. Du moins parmi les rares paroles audibles c'est ce qu'on pouvait discerner. Le chant, lui, était moins audible encore, même si l'ambiance des disques que nous connaissons par coeur est intacte et décuplée.
Après plus d'une heure de concert stupéfiant, la rumeur nous avait préparés au morceau de bravoure final. Mais au lieu du mur sonore de 17 minutes ininterrompues, nous avons eu un You made me realize dont le son fut coupé quantité de fois par le Zénith (sans savoir si c'était délibéré, on n'entendait par intermittence que du bruit blanc, plus les retours de la scène au loin). Au bout de 12 minutes un roadie a éteint les amplis, mais les 4 furax, refusant de quitter la scène, ont obtenu de rallumer pour 5 minutes, à nouveau interrompues constamment côté salle. L'impact attendu n'a pas eu lieu, les airbags se sont déclenchés, et le choc frontal s'est transformé en série de tonneaux laissant paradoxalement un goût d'inachevé. Pourtant, nous étions venus pour se faire mettre la gueule en sang et c'est ce qui s'est passé. Et nous pleurnichons parce qu'il nous reste une dent branlante qu'on a oublié de faire tomber. Ingrats et fous, fous comme ce qui vient de se passer, et qui peut-être ne se reproduira jamais plus.

En marge de ce concert qui donne un sens nouveau au mot "gigantesque", la polémique et la petite histoire se sont donc frayés un chemin. La fin hachée de ce concert-monstre délie les langues dès la lumière criarde rallumée. Notre public sage aurait pu créer une émeute, mais les 4 ou 5000 spectateurs ne sont que dégoûtés. Faisant un crochet par la console, je demande aux ingés-son si le 125 affiché par le décibelmètre est le maximum atteint. "More!", mais je préfère ne pas imaginer combien. La législation imposant de limiter à 105 (logiquement, puisque c'est le seuil de douleur moyen), on comprend que la salle a eu la trouille (ou a cédé à la demande du policier, toujours présent dans ces concerts). Un autre technicien nous dit que le groupe veut faire un procès au Zénith, qui s'était engagé à les laisser jouer quel que soit le volume. 
En même temps, la simple diffusion d'images du concert risque d'être qualifiée d'outrage par n'importe quel juge.

Par arbobo - Publié dans : concerts - Communauté : Le Monde du Rock
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