transversales

Vendredi 30 mai 2008 5 30 05 2008 00:17

Elles sont jeunes, anglaises, et font un mélange de Rythm'n'blues et de soul. Ils sont vieux, américains, et font un mélange de soul et de gospel.

Je ne peux pas mieux vous résumer la situation.

prière de lire cet article comme le complément nécessaire
de celui-là, et inversement :-)

Comment la soul a-t-elle regagné ses galons, je n'en sais rien. Son "parrain" James Brown est mort l'an dernier, mais le genre n'est jamais aussi bien porté en Europe. Jusqu'à une curiosité, Nicole Willis, dont j'ai déjà parlé ici, soul sister américaine installée en... Norvège !

La jeune garde a pour étendard une Amy Winehouse qu'on ne présente plus. Voix extraordinaire, fille cassée dans un corps qu'elle meurtrit, et quelques morceaux vraiment excellents et admirablement produits.
Dans son sillage s'engouffrent avec succès Adèle et Duffy.
De bons morceaux, quoique TROP produits. Les meilleurs moments du 19 d'Adele sont les plus sobres, les plus dépouillés et paradoxalement les plus soul aussi, quoique le genre affecte souvent les orchestrations fournies.
Duffy, moins soul, plus entre pop et rythm'n'blues, s'en sort avec plus d'aisance.

Entre deux âges,
Sharon Jones. Née au mauvais moment, elle est jeune en plein creux de la vague, la soul ne fait plus recette qu'auprès de quelques nostalgiques et de funkateers collectionneurs. Peut-être est-ce le regain de cette musique, porté par des dizaines de compilations et de rééditions, qui lui remet le pied à l'étrier.
Tout un symbole, Sharon Jones. Ses albums, chacun meilleur que le précédent, sont publiés sur un label de Brooklyn, Daptone. Tous sortent dans les années 2000, et son 100 days 100 nights est un bijou. Mais un bijou... rétro. Car la patte de Daptone c'est un son à l'ancienne, très rétro. Plus encore que chez Amy Winehouse (c'est dire). Pas cool d'arriver au mauvais moment, car Sharon Jones a tout, musicalement, pour casser la barraque et vous faire donner vos rendez-vous de boulot sur la piste de la Loco.

Dur dur, la musique moderne. Au moins dans le "classique" une période dure au moins 1 siècle, quand pour la soul l'âge d'or s'étend de 1967 à 1975. Comment ne pas verser dans le rétro, alors?

Les anciens, ceux qui ont connu l'âge d'or en question, ont répondu à cette question de trois manières. La première est le jeunisme, qui a frappé Roy Ayers pour ses disques les plus récents dans lequel le mélange avec les rapeurs n'est pas toujours convainquant.
La deuxième est le grand bond en arrière. Tant qu'à évoquer le passé, autant évoquer sa propre enfance et les musiques qui l'ont bercée, plutôt que le début de sa carrière. Un effet Buena vista social club, si l'on veut.

Ces dernières années on a vu quelques chanteurs importants tenter l'exercice. Aaron Neville, qui sans ses frères a publié des titres magnifiques quand j'étais dans les langes. en 2006 il publie Bring it on home (the soul classics), titre en double référence à une chanson et au retour au bercail.
Le disque n'est pas plus mauvais qu'un autre, les reprises sont ok, mais ça manque d'engagement, un peu mou il donne surtout envie d'écouter les originaux. Moins intéressant, le Before me de Gladis Knight, ancienne diva soul-disco, à la production FM destinée à abolir toute émotion et toute sensibilité. Dans les deux cas, des titres tirés du répertoire blues et jazz des années 30 aux années 50, pricipalement.

Et puis il y a le petit miracle.
Mavis Staples, qui chanta du rythm'n'blues en famille puis de la soul en solo, reste digne de son passé. Enchanteresse comme toujours. Voix souple et rapeuse, un délice. We'll never turn back, nous ne tournerons jamais le dos. Ni au passé, ni à ses luttes. Publié en 2006 chez Anti, ce disque fait rimer classe et classicisme. Avec Ry Cooder aux commandes, on pouvait s'attendre à un bijou. Dégustez son On my way, son blues teinté de gospel et de soul, son voyage dans le passé lui réussit. Ses reprises évoquent les combats contre la ségrégation, racontent le sud, le Mississippi surtout, dont l'histoire fut écrite dans le sang.

Il existe enfin une troisième option. La continuité. Entre de longues périodes consacrées à l'église dont il est le pasteur, Al Green enregistre parfois un disque, comme au bon vieux temps. Il vient juste de sortir Lay it down. Et étonnamment, comme je l'explique plus
en détail là, il réussit à faire un disque de facture très classique dans des conditions très modernistes.

On était pourtant prévenus : les diamants sont éternels.

Par arbobo - Publié dans : transversales - Communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 01 2008 00:04

A force de parler de reprises, il devient curieux que je n'aie toujours pas ouvert de rubrique sur ce thème. Esprit de contradiction, sans doute, envers la mode actuelle qui leur fait la part belle.

Il y a des stars de la reprise. Je ne parle pas des artistes qui s'en font une spécialité, mais de chansons passés entre tant de mains et de bouches qu'on pourrait en remplir de pleins coffrets. D'ailleurs c'est ce qu'on a fait il y a 3-4 ans, mais j'ai laissé passé l'occasion et je ne me souviens plus si c'était une compilation de reprises de Fever ou de The girl from Ipanema.

light-fire-doors.jpg Mais ce n'est pas dans les années 50 que je puise notre star du jour. Light my fire, voilà un titre si chaud, si parfaitement interprété par les Doors, qu'on devrait plaindre les inconscients qui se sont frottés à la reprendre.
Sauf que... on en trouve de très belles. Vous pouvez suivre en musique tout au long de cette page. Commençons le premier volet, orienté soul-funk, un second suivra.

Deux d'entre elles sont plus connues. D'abord la version ultra disco d'Amii Stewart (ci-dessous), sur l'album dont Knock on wood est le véritable tube. D'ailleurs ce dernier est nettement plus efficace que son Light my fire, mais le martèlement discoïde et les arrangements roccoco, putassiers au possible, collent malgré tout assez bien à ce titre qui pue du cul et sue des mains à des kilomètres. Loin d'être une chanson d'amour, ce morceau est avant tout un hymne au sexe, voire au sexe sans lendemain. Chantées en 1967, année du "summer of love" dont tous les médias vous rebachent cette année, les paroles se permettent même une franchise autrefois interdite et aujourd'hui suspectes de cynisme. "Tu sais que je ne serais pas sincère, gamine, si je te disais qu'on ne pourrait pas plus se la donner. Viens chérie, mets moi le feu !"


A peine chanté par les Doors, ce tube fut repris aussitôt et mis à toutes les sauces. Bluesy, chaud et brutal chez les Doors (bref, comme Morrison), il devient plus languide et caressant, presque compréhensif, chez certaines interprètes féminines.
Car, ironie du rock, ce sont surtout des femmes qui ont repris ce titre. Ce qu'on comprendra, au choix, comme la preuve que c'est aux femmes que la musique donne pour mission de nous faire guili dans le froc (Donna Summer, Lyn Collins), ou au contraire l'illustration du féminisme, grâce auquel les femmes ont enfin le droit d'exprimer leur désir sexuel et de demander plus de jouissance (confer ici).

Bassey-Shirley-light-fire.jpg En tout cas c'est bien une femme qui chante la 3e version la plus entendue de tous les temps. Shirley Bassey, célébrissime interprète de Goldfinger et Diamonds are forever, l'a gravée chez le label Capitol, racheté par Blue note. Vous l'avez sans doute trouvée, par conséquent, sur l'une des compilations Blue break beats. Big bang, arrangements foisonnants, on change de registre, mais on gagne malgré tout en dramaturgie avec cette version, qui pousse très loin le crescendo, climax, decrescendo, finale. A l'évocation de Morrison, succède le mimétisme. Un très grand moment  de l'histoire de la reprise. Et une version sans doute indépassable. La voici.

La vérité de Minnie Ripperton, sublimissime perle soul qu'on ne vénèrera jamais assez, est dans les pas de Shirley Bassey. En dehors d'une intro à se tremper les chaussettes, la suite du morceau est proche de celle de Shirley, en un tantinet plus funky et avec une voix d'homme en duo. La qualité du style a été privilégiée à l'originalité, mais c'est si bon qu'on peine à se plaindre. La preuve.

Les challengers ne manquent pas sur la scène groove langoureux. Erma Franklin n'a pas réussi à se faire un prénom malgré sa reprise tout à fait correcte malgré un saxo trop appuyé, entre Sam & Dave et Al Green, dont la seule version connue est un live pirate au son exécrable. Et elle n'est pas impérissable. Les Four tops, avec leur dose de gomina habituelle, font penser à des vieux beaux super classe, qui racontent aux jeunes femmes leurs conquêtes en savourant le thé, l'air de rien mais une lueur salace dans le regard. L'occasion de réaliser tout ce qui les sépare des Platters (en mieux), et  qu'à la grande époque la Motown pondait effectivement quinze tubes par jour. Rhetta Hugues s'en sort joliment elle aussi, dans un registre très Motown mais relevé de touches de vibraphone et de flute de bon goût, mieux venues que les choeurs qui n'ont pas un timbre aussi intéressant que le sien.

Tammi Lyn, avec une orchestration un peu fruste, donc moins relevée que celles qui viennent d'être citées, revient au coeur du sujet. Appuyée sur quelques murmures mâles, elle fait l'ingénue aguicheuse, la fille aux soquettes blanches qui danse en soulevant sa robe pour faire baver les mecs. A fond dans son rôle d'allumeuse, elle remet la voix et les paroles au premier plan. Alors que les pénibles New York disco machine ne font qu'un plagiat poussif de la version d'Amii Stewart.

feliciano-light-fire.jpg Les soulmen des années 68-75 sont pour moi une source de bonheur sans cesse renouvelé. Certes, les Friends of distinction qui ont déjà atteint les sommets peuvent paraître un peu décevants sur ce morceau. Isaac Hayes a parfois massacré des reprises dans des proportions indescriptibles, mais sa version live de Light my fire a de l'allure. Elle est rapide, très rythmique (limite rap), débarrassée des nappes de cordes chiantes qu'il ne savait pas utiliser correctement, bref elle se concentre sur l'essentiel, et ce qu'on perd en sexualité on le regagne en brio. Mais pour un funk ça manque de braguette ouverte, quand même. C'est très curieux cette difficulté des funkateers à sortir les petites culottes sur ce titre, alors que les soulmen y font des merveilles. Steve Gray est la preuve par 9 de cet échec, musicalement ça tient debout, dans un registre proche de Headhunters de Herbie Hancock, mais rien à faire, on s'emmerde du début à la fin. Alors que Stevie Wonder, sans surprise, envoie du bois avec réussite, bien qu'il ait un peu chargé la barque surtout dans ses effets vocaux. A condition de supporter son harmonica...

Bien avant Stewart, c'est pour une fois un homme qui a repris le morceau avec feeling et intelligence. José Feliciano, qui a du beaucoup comprendre en écoutant Edu Lobo, a fait quelques très belles reprises, dont Béatrice Ardisson fait son beurre. Pour ne rien gâcher, la pochette du 45 tours est belle. Régalez-vous.

Le contrepied est total, on est passé d'une chanson sale, sussurée après quelques verres dans un bar bruyant, à un gratoullage gentil chantonné depuis le hamac. Et le plus étonnant c'est que ça fonctionne parfaitement. S'il y a une verson dont on peut la rapprocher, en dehors de celle des Four Tops, c'est celle du fabuleux Edmundo Ros, qui n'en était pas lui non plus à son coup d'essai. Sa version, celle d'un big band latino, de ceux qui déversaient calypsos et mambo dans les grands hotels, est donc instrumentale, et témoigne d'un joli talent d'arrangeur.


mae-west.jpg Les Doors, pour moi c'est avant tout un groupe de blues, un blues déjanté mais tout autant du blues que les titres de Jimi Hendrix. Alors qui mieux que Etta James pour chanter Light my fire ? Son blues a elle est presque toujours très arrangé. Elle avait une voix pour devenir une déesse de la soul, mais son blues penche légèrement plus vers le jazzy que le R'n'B. Très orchestrée là encore, sa version est une des plus bluesy et donc des plus proches de l'univers de l'original.
Quoique, dans le genre proche de l'original mais délirant, Mae West, oui vous avez bien lu, Mae West a fait très fort. Avec un vibrato à rendre chèvre Julien Clerc et ferait le bonheur d'une pub Polydent, soutenu par petites touches par un choeur finalement inutile, elle balance avec classe avec un orgue bien mené. Souvenez-vous d'une scène des 39 marches de Hitchcock, tourné dans les années 30, à l'encyclopédie vivante un spectateur irrévérencieux demande "age of Mae West?", laissant entendre qu'il est déjà canonique. Ajoutez 35 ans et vous aurez la chanteuse qui reprend les Doors.

Comme quoi ce titre n'a pas attendu le beat de Massive Attack et la voix de Horace Andy pour réserver des surprises :-)

Je terminerai prochainement ce tour d'horizon. Et d'autres chansons auront droit à des articles du même genre :-)

Par arbobo - Publié dans : transversales - Communauté : Le Monde du Rock
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Samedi 1 décembre 2007 6 01 12 2007 00:11

Le rock et sa vaste galaxie se sont largement féminisés - enfin! - pour mon plus grand bonheur. Curieusement, ce n'est ni par la musique ni par le chant ou l'apparence physique que la différence se fait sentir. Hommes ou femmes, on trouve de tout, tous les styles, toutes les attitudes...

Sauf pour les pieds. Je vois de plus en plus de femmes jouer pieds nus, alors que chez les hommes, non. (Celui qui a dit "Yannick Noah" est attendu par ses petits camarades à la chorale de Rolland Garros). Les Feelies chantaient il y a 18 ans I'm dancing barefoot (je danse pieds nus) mais j'ignore s'ils le faisaient bel et bien.

noisettes-large.jpg Un vrai bonheur pour les fétichistes, qui doivent trouver ça super sexy. Sans compter ceux, dont je fais partie, qui ont bien du mal à trouver une partie du corps qu'ils préfèrent (de belles mains, par exemple, c'est terrible). Mais qu'est-ce qu'elles ont toutes à faire de la scène pieds nus?
D'abord, les talons hauts, c'est mauvais pour les pieds, mauvais pour le dos, les articulations, la circulation, et bien entendu pour bouger librement. Les pieds nus, c'est le contrepoint, l'exact opposé des talons aiguilles, certes souvent élégants mais une petite torture physique imposée par la mode. Perso, une fille en Converse pourra me paraître tout aussi sexy qu'une autre juchée sur 12cm (même si cette prouesse m'impressionne légitimement).

Kim Gordon de Sonic Youth, Beth Ditto de the Gossip, Natasha Khan et ses complices de Bat for Lashes, arrivent sur scène pieds nus ou se déchaussent rapidement. Elles ne sont pas les seules. Shingai Shoniwa des NOISEttes. Marit Bergman. Et la française Daphné, lauréate du prix Constantin 2007, foule également la scène.

A première vue, on pourrait penser que c'est lié à une tendance qui irrigue la musique actuelle. Une tendance qui se traduit notamment par la montée du folk depuis 2-3 ans et qui atteint son apogée aujourd'hui (Devendra Banhart, Cocoon, Alela Diane...). Il y a un côté retour au naturel dans cette musique, qui invite à privilégier les sons organiques et, pourquoi pas, être pieds nus. Cette tendance, j'en avais décelé une manifestation dans les claquements de mains qui n'ont jamais été aussi utilisés qu'aujoud'hui (dernièrement sur L'invitation de Daho, entre autres). Le tambourin, le banjo, ont aussi la part belle en ce moment et je pense que c'est lié.

Pour les pieds nus, c'est différent. Parce que seules les femmes sont concernées, ou presque. Iggy Pop c'est encore autre chose, ça fait partie de son exhibitionnisme naturel d'avoir le moins de fringue possible à la fin du concert.
Alors j'en reviens avec mon opposition pieds nus/talons aiguilles.

Une autre manière d'être ce qu'on est, y compris lorsqu'on revendique des atours traditionnellement féminins comme le maquillage ou les coiffures baroques. Mais de rester libre de ses mouvements, en plus d'être en prise directe avec la scène (et ses vibrations, ce qui n'est pas rien vu les décibels dégagés par certains de ces groupes).

Conclusion? Elle tient en 2 mots, nom du groupe imaginaire choisi par Ska : sticky feet ;-)
Par arbobo - Publié dans : transversales - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 10 2007 00:13

enfin un vrai thème à la con :-)

the-jam-all-mods-con.jpg Mais aussi l'occasion de se pencher sur 3 chansons de très gros calibre. Dont le point commun est de reposer sur la même onomatopée, "fa fa fa", qui en anglais ne veut rien dire, et surtout pas la note de musique (le fa se dit "F" en anglais comme en allemand). Autrement dit, c'est rien de plus que notre lalalalala bien de cheuh nous. Intérêt?
Limité, l'intérêt, disons que ça m'a surpris que non seulement ces bonnes chansons utilisent la même onomatopée, mais qu'en plus ce soit précisément elle qu'on retienne, c'est la partie la plus accrocheuse et qu'on reprend presque spontanément dès la première écoute.
Une chanson d'amour par un des plus grands spécialistes du genre, un modèle de rock "mod" (disons punk-rock, pour ceux que ça aide), et un groove déjanté par de beaux allumés de l'avant-garde new yorkaise. On n'est pas dans la merde, tiens.

Otis Redding Fa-fa-fa-fa-fa (sad song)


the Jam David Watts

au passage vous aurez relevé que le motif au piano (et donc la mélodie pricipale) pompe outrageusement le Let's spend the night together des Rolling Stones. Mais bon, je suis pas là pour cafeter, disons qu'on a rien vu. En plus, vraiment aucun rapport, vu que les Stones y chantent "pap padada pap padada"... autant dire que les paroles sont très éloignées de celles de Jam. Mais ce blog n'est pas un cours de littérature, cessons là.

Talking heads psycho killer

Maintenant vous savez quoi passer à la prochaine soirée avec vos potes.
"Allez, tous avec moi....

Par arbobo - Publié dans : transversales - Communauté : Le Monde du Rock
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Samedi 12 mai 2007 6 12 05 2007 00:29

Dans les interviews que je fais (certaines sont en cours, patience), je m'aperçois que je reprends un angle qui apparait fréquemment dans mes chroniques, en m'intéressant aux collaborations entre artistes.

On arrive, de connexion en connexion, à de
ssiner des galaxies musicales plus ou moins petites, plus ou moins surprenantes. J'ai déjà évoqué ici les outils de visualisation, qui situent les artistes entre eux en fonction de la proximité de leur musique. Mais la réalité des artistes est un peu différente. Par exemple Cat Power, mon exemple favori, n'a jamais fait de hip hop mais écoute volontiers Eminem, et reprend sur scène le Crazy de Gnarls barkley. Voilà le genre de choses qu'on laisse passer si on la classe uniquement en fonction du style de ses propres disques. Elle a chanté sur Great waves des Dirty three, groupe slowcore proche de sa musique et dont Jim White l'accompagne fréquemment sur scène. Mais on l'entend également sur I've been thinking de Handsome boy modelling school, entreprise musicale située quelque part entre Thievery corporation et les Gorrilaz. Comme je l'avais dit, elle a aussi chanté une reprise de Black Sabbath avec les Flaming lips. La galaxie s'étend.

 

 

Handsome boy, comme les Gorrilaz ou, dans un style totalement différent, Massive attack, est un collectif qui fait appel à quantité d'invités. Joyeux moyen de transformer le jeu des 7 familles en celui des 7 erreurs. Rapprocher le dubber jamaïcain Horace Andy et Liz Fraser des Cocteau twins serait impossible sans passer par le case Massive Attack, qui permet aussi un autre rapprochement étrange entre Tracey Thorn, Sinead O'Connor ou Terry Callier.

Tricky, dont personne n'a jamais bien compris s'il fut membre ou collaborateur de Massive sur le premier album avant d'explorer son mal-être de manière plus nombriliste, fut aussi un temps le compagnon de Björk. Björk qui propose, parmi ses multiples collaborations, un morceau de son nouvel album avec Antony. Antony qui apparait avec Cocorosie, ainsi que sur le premier album de Joan as police woman, après avoir été son leader, mais elle avait aussi joué avec Rufus Wainwright (entre autres).

La musique veut cela, de tels échanges, et la France n'est pas une exception. Valérie Leulliot, en tant que leader d'Autour de Lucie, est au Village Vert depuis les débuts du label. Et pour cause, puisque le label manager, Fred Monvoisin, a participé à l'écriture du premier album. Lequel a partiellement été produit par Michael Head des Pale Fountains. Le Village Vert, c'est aussi Pierre Bondu, qui a participé à un album d'Autour de Lucie, ou le groupe rock Luke, dont le guitariste est depuis 2005 Jean-Pierre Ensuque, ancien... d'autour de Lucie. Si AdL a fait la première partie de Tracy Chapman, Valérie Leulliot a posé la voix, de son côté, sur des morceaux de Calexico, Jay Jay Johanson, ou Katerine. Galaxies, vous dis-je ;-)


Des galaxies dont le centre est la partie la plus mobile, ces artistes butineurs qui tels Antony, Cat Power ou Björk, multiplient goulûment les participations. Ou comment une étoile filante peut devenir centre de gravité ;-)

D'ailleurs une des premières artistes du catalogue du Village Vert est Françoiz Breut, qui a joué, tout comme Julie Doiron, avec Herman Düne.

Le magazine Magic s'amuse dans chaque numéro à trouver un lien improbable entre deux artistes que tout semble séparer. Rien de plus simple avec la pseudo-théorie des 6 degrés de séparation. On voit bien qu'à ce jeu il est facile relier Herman Düne et Tracy Chapman, par exemple, ou Tricky et Joan as police woman. Si vous êtes doués pour le graphisme vous pouvez même en tirer des morphing marrants.
Alors à table, y'a le cousin dédé qui passe la télé!
Par arbobo - Publié dans : transversales - Communauté : tiré par les oreilles
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