Clarke Kent
Est-ce un étoile? est-ce un avion? est-ce une météorite?
non, c'est.....
C'est ... Vince Clarke, superman de la new wave et aussi peu connu qu'un grouillot du Daily Planet.
Vous connaissez les "mojettes"? Mais si, ces haricots blancs qu'on trouve dans ma région, de bons pétou, idéal pour le cassoulet. Ben voilà, Vince Clarke a commis l'erreur fatale de monter un duo avec Alison "mojette" (son vrai nom c'est Moyet, j'adore faire des effets spéciaux). En plus il ne vient même pas du Kent mais de l'Essex.
Sans ça, il aurait pu devenir une star. Et profiter de sacs pleins de flouze que lui auront rapporté ses tubes mondiaux.
Ben oui, des tubes, Just can't get enough, c'est tout de même le morceau le plus connu de Depeche Mode et celui grâce auquel ils sont devenus célèbres. Et Don't go, peut-être écrit en souvenir des cris de douleur d'Andrew Fletcher à son départ de DM, c'est pas de la petite bière non plus.
Vince Clarke ne craint pas tant le succès, il est à la recherche de la bonne formule, qui lui convienne. Quitte à lâcher en plein décollage un des plus gros groupes anglais puis un autre au sommet. Peut-être qu'Alison Moyet aurait bien aimé continuer à jouir de ce succès, elle. En tout cas elle continue à faire des disques, avec un penchant francophile marqué, et sa voix au timbre si original a le mérite de donner une couleur particulière à certains titres. Mais je crains qu'elle n'ait pas le talent de Clarke.
Vince Clarke, on s'est trouvé à en discuter en aparté d'un précédent billet, ici.
Je ne sais pas quelle mouche m'a piqué.
(Goodbye 70s, Yazoo)
Entre 2 essayages dans sa cabine de téléphone, Vince Clarke a fondé ou cofondé :
Depeche Mode (de 1979 à 1981)
Yazoo (1981-1983)
Erasure ( depuis 1985)
Et également un truc totalement inconnu, the Assembly.
J'ai tendance à croire que la qualité est allé en diminuant de groupe en groupe, mais c'est tout de même un parcours qui inspire le respect. Et que je me dois de rapprocher de celui de Stephen Duffy, très bon songwriter dont j'ai parlé ici.
On dirait que Clarke (pseudonyme) préfère les duos, Yazoo et surtout Erasure, créé avec Andy Bell. Il écrit, l'autre chante. Au départ ça n'est pas comme ça que ça se passait. Il fut le premier chanteur de Depeche Mode, jusqu'au recrutement de Dave Gahan en 1980. Son duo avec Fletcher était devenu quatuor, et le 3e arrivé, Martin Gore, commençait à avoir des velléités d'écrire. La pression interne n'a pas quitté DM depuis, Dave Gahan devant faire un album solo pour pouvoir faire entendre ses compositions.
Ce que je connais d'Erasure ne m'affole pas, en dehors du fameux O l'amour qui agita les jeunes oreilles de ma génération. C'est pourtant son groupe le plus durable et celui qui a gravé le plus de disques (une quinzaine d'albums et de EPs).
Reste quoi?
Restent le premier album de Depeche Mode, Speak and spell, et les deux de Yazoo. Don't go est leur plus gros tube, mais The other side of love, sur Upstairs at Eric's, n'est pas mal non plus. Ce sont leurs seuls singles qui aient réellement marché, suffisamment pour justifier une tournée aux USA et une Peel session.
Je retiens tout de même In my room, et sa lenteur glacée qui clôt parfaitement la période new wave, un beau morceau, et les presque funky Midnight et Goodbye 70s fait bien mieux que se défendre. Goodbye 70s (ci-dessus), c'est un Don't go qu'on n'aurait pas trop entendu, un vrai cousin dansant de Fade to grey auquel on aurait fait un bon shampoing disco. Avec un coup de gel emprunté à OMD.
Alors, oubliez son ancienne coupe à pisser de rire et son nouveau look patibulaire. Et si vous tombez sur le best of de Yazoo, lâchez-vous, au pire vous pourrez faire croire à vos amis que c'est "pour le fun". Avant de vous apercevoir qu'ils sont partis avec en cachette.