The letter
Faire une k7 pour une fille,
combien de mecs (ou de lesbiennes) ne sommes nous pas à avoir commis ce petit acte de tendresse adolescent?
Je ne parle pas des copies qu'on se fait entre amis pour se faire découvrir mutuellement des pépites ou, en ainé, pour faire partager son expérience.
J'en ai une, de ces fameuses k7. Je l'ai offerte, et on me l'a rendue. Illico. Aussitôt. Je vais vous raconter toute l'histoire, digne d'un manuel du dragueur suicidaire. Mais bon, je vous dirai juste que j'avais d'abord flashé sur une nuque, surmontée d'une belle chevelure ciselée. Moi qui aime tant les visages et qui passe des heures à regarder dans les yeux les personnes auxquelles je parle, c'est une nuque qui m'a donné envie de savoir qui était cette fille et qui m'a d'abord émoustillé. (bon sang j'ai écrit émoustillé, c'est pathétique je sais vraiment plus quoi écrire). Petit coquin, va.
En toute logique, j'ai profité de la Saint-Valentin pour faire mon plongeon sur le macadam. J'ai d'abord fait un petit montage, d'une minute, où je mettais bout à bout des paroles de chansons sans équivoque (non, pas "dans ma Benz", ça me ressemble pas trop et le disque n'était pas encore sorti, na). Dans un morceau de l'album 14 juillet de Juliette et les Indépendants,
Juliette Desurmont énumère tout ce qu'elle aime chez son homme avec pour refrain "un si beau paysage". Puis j'ai rempli le reste avec une sélection que je trouvais chouette.
Je suis allé trouver A, avec ma cassette et un walkman pour qu'elle puisse l'écouter et surtout l'écouter seule (savoir ce qu'elle ferait du walkman était le cadet de mes soucis).
Avec beaucoup de clarté et de gentillesse, elle m'a retrouvé peu de temps après, je trainais évidemment à proximité, et m'a fait comprendre qu'elle n'avait pas l'intention d'en écouter plus ni de la conserver. Si ma mémoire est bonne, je crois que je l'ai toujours chez moi. Je ne l'ai pas réécoutée depuis (hormis dans les jours qui ont suivi).
Bon, c'était crétin. Mais pas au point de me faire passer pour un barge ou un nuisible à ses yeux, puisque, ayant découvert que nous avions des amis proches en commun, nous sommes devenus potes. Je trouve ça assez rigolo. Et j'en suis content parce que c'est une fille super.
Ah. Mon souvenir était bon, je l'avais conservée dans un coin. Voyons donc...
La cassette que j'avais faite contenait délibérément des morceaux peu connus voire franchement pas. Comme si étaler au grand jour que j'étais un lecteur des Inrocks allait me rendre sexy en moins de deux, non mais je vous jure, des fois... (des baffes, oui ça, j'avais compris, merci!).
En dehors du montage, voilà le tracklisting de la face B :
Sugargliders letter from a lifeboat
Depeche Mode everything counts
Pet Shop Boys west end girls
Stretch why did you do it
Oliver Sain Saint Louis breakdown
DIG Taylor's cube
Jimi Hendrix up from the sky
Morrissey the loop
Oasis cloudburst
the seeds satisfy you
22 pisterpiko birdy
Jesus & Mary chain sometimes always
Liberty horses innocent when you dream
the La's there she goes
En dehors de DIG, sorte d'acid-jazz qui n'a pas très bien vieilli mais qui reste un morceau bien dansant, le reste tient encore parfaitement la route. J'avoue une tendresse pour West and girls qui a bercé ma pré-adolescence, Hendrix pas la peine de préciser, the La's non plus. Juste un mot sur les Sugargliders, groupe australien venu en Angleterre, signé sur le petit mais excellent label indépendant Sarah records, qui distille une pop de bon aloi, quelque part entre les La's, justement, et les Pale Fountains (bon sang, un jour je vous parlerai des Pale fountains, ça c'est sûr). Innocent when you dream est une reprise, très caressante, d'un morceau de Tom Waits. rien de déglingué dans cette version, assez soft mais bienvenue. Un très beau morceau cet innocent, et le titre est équivoque à souhait.
Un bonne sélection, donc. Que je redécouvre 11 ans après. Et que je reste le seul à avoir écouté.
Allez, salut A., à la prochaine :-)
combien de mecs (ou de lesbiennes) ne sommes nous pas à avoir commis ce petit acte de tendresse adolescent?
Je ne parle pas des copies qu'on se fait entre amis pour se faire découvrir mutuellement des pépites ou, en ainé, pour faire partager son expérience.
J'en ai une, de ces fameuses k7. Je l'ai offerte, et on me l'a rendue. Illico. Aussitôt. Je vais vous raconter toute l'histoire, digne d'un manuel du dragueur suicidaire. Mais bon, je vous dirai juste que j'avais d'abord flashé sur une nuque, surmontée d'une belle chevelure ciselée. Moi qui aime tant les visages et qui passe des heures à regarder dans les yeux les personnes auxquelles je parle, c'est une nuque qui m'a donné envie de savoir qui était cette fille et qui m'a d'abord émoustillé. (bon sang j'ai écrit émoustillé, c'est pathétique je sais vraiment plus quoi écrire). Petit coquin, va.
En toute logique, j'ai profité de la Saint-Valentin pour faire mon plongeon sur le macadam. J'ai d'abord fait un petit montage, d'une minute, où je mettais bout à bout des paroles de chansons sans équivoque (non, pas "dans ma Benz", ça me ressemble pas trop et le disque n'était pas encore sorti, na). Dans un morceau de l'album 14 juillet de Juliette et les Indépendants,
Juliette Desurmont énumère tout ce qu'elle aime chez son homme avec pour refrain "un si beau paysage". Puis j'ai rempli le reste avec une sélection que je trouvais chouette.Je suis allé trouver A, avec ma cassette et un walkman pour qu'elle puisse l'écouter et surtout l'écouter seule (savoir ce qu'elle ferait du walkman était le cadet de mes soucis).
Avec beaucoup de clarté et de gentillesse, elle m'a retrouvé peu de temps après, je trainais évidemment à proximité, et m'a fait comprendre qu'elle n'avait pas l'intention d'en écouter plus ni de la conserver. Si ma mémoire est bonne, je crois que je l'ai toujours chez moi. Je ne l'ai pas réécoutée depuis (hormis dans les jours qui ont suivi).
Bon, c'était crétin. Mais pas au point de me faire passer pour un barge ou un nuisible à ses yeux, puisque, ayant découvert que nous avions des amis proches en commun, nous sommes devenus potes. Je trouve ça assez rigolo. Et j'en suis content parce que c'est une fille super.
Ah. Mon souvenir était bon, je l'avais conservée dans un coin. Voyons donc...
La cassette que j'avais faite contenait délibérément des morceaux peu connus voire franchement pas. Comme si étaler au grand jour que j'étais un lecteur des Inrocks allait me rendre sexy en moins de deux, non mais je vous jure, des fois... (des baffes, oui ça, j'avais compris, merci!).
En dehors du montage, voilà le tracklisting de la face B :
Sugargliders letter from a lifeboat
Depeche Mode everything counts
Pet Shop Boys west end girls
Stretch why did you do it
Oliver Sain Saint Louis breakdown
DIG Taylor's cube
Jimi Hendrix up from the sky
Morrissey the loop
Oasis cloudburst
the seeds satisfy you
22 pisterpiko birdy
Jesus & Mary chain sometimes always
Liberty horses innocent when you dream
the La's there she goes
En dehors de DIG, sorte d'acid-jazz qui n'a pas très bien vieilli mais qui reste un morceau bien dansant, le reste tient encore parfaitement la route. J'avoue une tendresse pour West and girls qui a bercé ma pré-adolescence, Hendrix pas la peine de préciser, the La's non plus. Juste un mot sur les Sugargliders, groupe australien venu en Angleterre, signé sur le petit mais excellent label indépendant Sarah records, qui distille une pop de bon aloi, quelque part entre les La's, justement, et les Pale Fountains (bon sang, un jour je vous parlerai des Pale fountains, ça c'est sûr). Innocent when you dream est une reprise, très caressante, d'un morceau de Tom Waits. rien de déglingué dans cette version, assez soft mais bienvenue. Un très beau morceau cet innocent, et le titre est équivoque à souhait.
Un bonne sélection, donc. Que je redécouvre 11 ans après. Et que je reste le seul à avoir écouté.
Allez, salut A., à la prochaine :-)
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