Lebanese blonde
Avoir des amis iraniens, d'autres juifs proches très proches d'Israël, bien connaître des Libanais et finalement pas mal de gens directement touchés par les conflits incessants au proche-orient, a tendance à me laisser sans voix. Mais à quoi bon avoir les yeux humides.
Je réécoutais ces derniers temps Mind bomb, de The The. The the, un peu comme Catpower, est un pseudo-groupe, c'est avant tout un artiste solo, Matt Johnson, qui s'entoure de musiciens en fonction des disques et des tournées, sans line up vraiment stable. Mind bomb, son 4e album, est paru en 1989. Ce n'est pas le premier CD que j'ai acheté, mais presque.
L'album est musicalement excellent,
mais c'est autre chose qui me fait le réécouter en ce moment. Le disque s'ouvre sur un chant qui rappelle celui du muezzin. Les deux premiers morceaux sont des charges violentes contre l'intégrisme religieux mis au service de la guerre. De The violence of truth à Armageddon days are here (again), il enfonce le clou avec des paroles qu'il pourrait écrire aujourd'hui même à l'identique.
Son message est d'abord celui d'un pacifiste qui ne voit pas de frein à la guerre et n'est pas dupe sur le rôle trouble de l'occident :
"Somethings telling you to wake up and salute
The dangers of obedience and the violence of truth"
Mais l'album ne date pas pour rien de la première intifada, et Armageddon days n'hésite pas à dire une réalité qui n'a guère progressé :
"God didn't build himself that throne
God doesn't live in israel or rome
God belong to the yankee dollar
God doesn't plant the bombs for hezbollah".
Un titre plus ancien est entièrement consacré au Liban. On le doit à Human league, plus connus pour une romance électronique Don't you want me. En 1984 ils ont fait un excellent titre engagé, The Lebanon.
On peut entendre ceci parmi les paroles : "She dreams of nineteen sixty-nine Before the soldiers came [...] And who will have won When the soldiers have gone?"
Quand certains états et partis n'ont pour prospérer que la haine et la guerre, casque bleus ou pas les espoirs de paix sont minces. Je doute que la musique suffise toujours à adoucir les moeurs.

PS : Daniel Barenboïm semble croire, plus que moi, aux vertus pacifiques de la musique.