Courrier en retard
Si vous achetez de temps en temps la presse musicale, vous avez eu confirmation du nombre invraisemblable de disques qui sortent. Rien que dans votre Télérama hebdomadaire, on chronique 2-3 albums par semaine, ce qui est plus que vous n'avez le temps d'écouter/acheter avant le prochain numéro.
Même un discophage dans mon genre a ce problème, et pour peu qu'on essaie d'avoir une oreille ouverte à des artistes peu connus voire pas encore produits par une maison de disques, la saturation est vite atteinte.
Comme je n'ai pas l'intention d'intensifier le rythme de mes billets (tous les 3 jours, je reste à l'ère ternaire), voici un résumé succinct de sorties de ces derniers mois dont je n'ai pas parlé ici, mais que je crois dignes d'intérêt.
Côté bouquins déjà, ça sort à tour de bras. Les éditions Scali ont sorti beaucoup de choses, notamment les deux premiers tomes d'une histoire du rock, Classic rock, composée de longs chapitres monographiques, consacrés par des écrivains et critiques aux artistes qui ont marqué l'histoire du rock. Des pavés, donc, mais qu'on peut lire par fragments. Le bon côté, c'est l'originalité des auteurs, et la longueur des chapitres (qui frolent la centaine de pages). Le défaut, pour des fans, c'est qu'en raison du petit nombre d'artistes traités, il y a de grands absents. Pas grave. Scali a publié aussi des ouvrages qui me paraissent franchement moins intéressants, consacrés aux groupies, aux morts du rock, ou encore une monographie sur Pete Doherty qui me semble un peu prématurée.
Leurs dictionnaires sont déjà plus tentants, mais attention au côté aride que peut avoir cet exercice. Pour les avoir feuilletés, tous ne m'ont pas convaincus, mais le Dictionnaire snob du rock est un cadeau amusant à faire à vos amis un peu trop plongés dans leur disques (genre ceux qui tiennent un blog sur le rock, surtout je me sens absolument pas concerné). Le dictionnaire Gainsbourg est à réserver aux vrais fans de cet artiste (et encore ils risquent de le trouver bizarement fait). Tout le contraire de leur dictionnaire des onomatopées dans la chanson, à mettre entre toutes les mains, et plutôt pas celle des fondus de musique justement (avis très personnel, mais ces derniers risquent de dire "il manque ci, il manque ça", alors qu'il est déjà copieux).
Si vous aimez le rock et ne devez acheter qu'un seul livre, ce sera plutôt The dark stuff, l'envers du rock, de Nick Kent. Ce bouquin a été largement commenté dans la presse culturelle et on le trouve facilement, alors je serai bref. Publié chez Naïve (le label de disques), ce recueil contient des portraits de rockers alimentés principalement par des interviews et rencontres. Le très francophile Nick Kent a publié une partie de ces articles dans le New Musical Express dont il est une figure, ou dans d'autres journaux, parfois français.
Malgré quelques portraits moins intéressants, et comme par hasard les plus courts, j'ai accroché à la plupart de ces récits très personnels, où Kent emprunte la voie de son mentor Lester Bangs. Voilà des récits très écrits, où le journaliste recuse toute neutralité mais questionne et juge à la fois l'homme et l'oeuvre, se mouille.
Le fil conducteur de ce recueil, qui a inspiré le titre, est de brosser une gallerie de portraits cabossés. Le seul qui pourrait échapper à cette définition est Prince. Certaines rencontres sont vraiment marquantes, en particulier celle avec un Lou Reed effrayant devenu pensonnaire des enfers. Malgré la tendresse ou l'admiration fréquente, Kent n'épargne personne et ne cache aucune crasse dans son journalisme vérité. Les portraits les plus poignants sont très heureusement répartis au début et à la fin de l'ouvrage, ce qui lui donne une force particulière et nous laisse avec la durable impression d'avoir croisé Brian Wilson ou Neil Young.
Après cette lecture, je vous garantis que vous allez vous ruiner en disque pendant des semaines ;-)
Pour ratrapper son retard :
Cold war kids, robbers and cowards, que j'écoute en boucle depuis l'été. Voilà des mois que j'ai envie de vous en parler et que je repousse. Mais j'ai envie que vous écoutiez un peu pour vous faire une idée.
La BO de Boulevard de la mort, excellente comme toutes celles des Tarantino.
Le 13 août est aussi sorti le nouvel Architecture in Helsinki, dont vous pouvez déguster des titres ici mais aussi sous une forme très inattendue en concert à emporter (jolie surprise).
Et si vous n'avez pas encore succombé : Caldeira de Valérie Leulliot, Fur and gold de Bat for lashes et Keren Ann, des albums pour longtemps.
Avant de finir, je voudrais vous signaler que plusieurs excellents artistes ont sorti un album dernièrement, dans une indifférence quasi générale. Or ils sont pas mal du tout, ces disques :
Beauty and crime de Suzanne Vega
The sermon on exposition de Ricky Lee Jones
Rumeurs de Yves Simon
The world has made me the man of my dreams de Me Shell Ndegeocello
Enfin, une des dernières sorties à écouter plutôt 2 fois qu'une : Comicopera de Robert Wyatt, un bijou auquel je consacrerai peut-être un billet.
Quelques sorties prévues maintenant et prochainement :
prévu d'abord en septembre, Cat Power sort un deuxième album de reprises, début 2008,
Côté français, grosse actualité à prévoir chez Le village vert, avec des albums de Dominic Sonic le 10 septembre. Pour Deportivo et Kelly de Martino, les albums sont prévus fin octobre. Enfin, la Métode de rocanrol de Pascal Comelade sortira finalement le 5 novembre.
Et comme je trouve ce billet -pourtant nécessaire- un peu feignant, je vous propose une de mes dernières photos.

Même un discophage dans mon genre a ce problème, et pour peu qu'on essaie d'avoir une oreille ouverte à des artistes peu connus voire pas encore produits par une maison de disques, la saturation est vite atteinte.
Comme je n'ai pas l'intention d'intensifier le rythme de mes billets (tous les 3 jours, je reste à l'ère ternaire), voici un résumé succinct de sorties de ces derniers mois dont je n'ai pas parlé ici, mais que je crois dignes d'intérêt.
Côté bouquins déjà, ça sort à tour de bras. Les éditions Scali ont sorti beaucoup de choses, notamment les deux premiers tomes d'une histoire du rock, Classic rock, composée de longs chapitres monographiques, consacrés par des écrivains et critiques aux artistes qui ont marqué l'histoire du rock. Des pavés, donc, mais qu'on peut lire par fragments. Le bon côté, c'est l'originalité des auteurs, et la longueur des chapitres (qui frolent la centaine de pages). Le défaut, pour des fans, c'est qu'en raison du petit nombre d'artistes traités, il y a de grands absents. Pas grave. Scali a publié aussi des ouvrages qui me paraissent franchement moins intéressants, consacrés aux groupies, aux morts du rock, ou encore une monographie sur Pete Doherty qui me semble un peu prématurée.Leurs dictionnaires sont déjà plus tentants, mais attention au côté aride que peut avoir cet exercice. Pour les avoir feuilletés, tous ne m'ont pas convaincus, mais le Dictionnaire snob du rock est un cadeau amusant à faire à vos amis un peu trop plongés dans leur disques (genre ceux qui tiennent un blog sur le rock, surtout je me sens absolument pas concerné). Le dictionnaire Gainsbourg est à réserver aux vrais fans de cet artiste (et encore ils risquent de le trouver bizarement fait). Tout le contraire de leur dictionnaire des onomatopées dans la chanson, à mettre entre toutes les mains, et plutôt pas celle des fondus de musique justement (avis très personnel, mais ces derniers risquent de dire "il manque ci, il manque ça", alors qu'il est déjà copieux).
Si vous aimez le rock et ne devez acheter qu'un seul livre, ce sera plutôt The dark stuff, l'envers du rock, de Nick Kent. Ce bouquin a été largement commenté dans la presse culturelle et on le trouve facilement, alors je serai bref. Publié chez Naïve (le label de disques), ce recueil contient des portraits de rockers alimentés principalement par des interviews et rencontres. Le très francophile Nick Kent a publié une partie de ces articles dans le New Musical Express dont il est une figure, ou dans d'autres journaux, parfois français.Malgré quelques portraits moins intéressants, et comme par hasard les plus courts, j'ai accroché à la plupart de ces récits très personnels, où Kent emprunte la voie de son mentor Lester Bangs. Voilà des récits très écrits, où le journaliste recuse toute neutralité mais questionne et juge à la fois l'homme et l'oeuvre, se mouille.
Le fil conducteur de ce recueil, qui a inspiré le titre, est de brosser une gallerie de portraits cabossés. Le seul qui pourrait échapper à cette définition est Prince. Certaines rencontres sont vraiment marquantes, en particulier celle avec un Lou Reed effrayant devenu pensonnaire des enfers. Malgré la tendresse ou l'admiration fréquente, Kent n'épargne personne et ne cache aucune crasse dans son journalisme vérité. Les portraits les plus poignants sont très heureusement répartis au début et à la fin de l'ouvrage, ce qui lui donne une force particulière et nous laisse avec la durable impression d'avoir croisé Brian Wilson ou Neil Young.
Après cette lecture, je vous garantis que vous allez vous ruiner en disque pendant des semaines ;-)
Pour ratrapper son retard :
Cold war kids, robbers and cowards, que j'écoute en boucle depuis l'été. Voilà des mois que j'ai envie de vous en parler et que je repousse. Mais j'ai envie que vous écoutiez un peu pour vous faire une idée.
La BO de Boulevard de la mort, excellente comme toutes celles des Tarantino.
Le 13 août est aussi sorti le nouvel Architecture in Helsinki, dont vous pouvez déguster des titres ici mais aussi sous une forme très inattendue en concert à emporter (jolie surprise).
Et si vous n'avez pas encore succombé : Caldeira de Valérie Leulliot, Fur and gold de Bat for lashes et Keren Ann, des albums pour longtemps.
Avant de finir, je voudrais vous signaler que plusieurs excellents artistes ont sorti un album dernièrement, dans une indifférence quasi générale. Or ils sont pas mal du tout, ces disques :Beauty and crime de Suzanne Vega
The sermon on exposition de Ricky Lee Jones
Rumeurs de Yves Simon
The world has made me the man of my dreams de Me Shell Ndegeocello
Enfin, une des dernières sorties à écouter plutôt 2 fois qu'une : Comicopera de Robert Wyatt, un bijou auquel je consacrerai peut-être un billet.
Quelques sorties prévues maintenant et prochainement :
prévu d'abord en septembre, Cat Power sort un deuxième album de reprises, début 2008,
Côté français, grosse actualité à prévoir chez Le village vert, avec des albums de Dominic Sonic le 10 septembre. Pour Deportivo et Kelly de Martino, les albums sont prévus fin octobre. Enfin, la Métode de rocanrol de Pascal Comelade sortira finalement le 5 novembre.
Et comme je trouve ce billet -pourtant nécessaire- un peu feignant, je vous propose une de mes dernières photos.
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