En quarantaine

Publié le par arbobo

Samedi dernier j'étais dijé (deejay? didier? c'est qui le didier? Didier, c'est toi?).
A un anniversaire. 40 ans. Tout rond.

Ca s'est bien passé, ou plutôt de mieux en mieux après une mise en jambes un peu laborieuse à mon goût. Voilà tout le problème, en effet : comment faire danser une bande de potes de 40 ans. Non pas qu'ils n'aiment pas danser, mais entre ceux qui ont 40, ceux de 35 et ceux de
plus de 40, déjà leurs goûts se sont affinés avec le temps, le nombre de leurs soirées en commun a réduit par rapport aux années 20, et vraisem- blablement ils écoutent moins les radio "à tubes" qu'avant.


Donc mes repères habituels sur les tubes récents qui marchent sur les 25-30ans deviennent caducs. Et en même temps, en préparant la soirée avec les organisateurs, il n'était pas question de faire uniquement dans la nostalgie années 80.

Alors, que faire? D'abord, rabattre un peu de mon orgueil et oublier que je commence à savoir y faire. Concrètement, ça veut dire renoncer à panacher des morceaux de 4 décennies comme je fais d'ordinaire, et rester plus longtemps que d'habitude sur les créneaux qui marchent. Un peu faiblard comme méthode, et éloignée de ce que j'essaie de faire d'habitude, où je privilégie contre-pieds et associations d'idées.

J'ai l'air de me plaindre, alors qu'en fait je reconnais surtout mon échec d'une part, et que j'ai passé des titres que j'adore d'autre part.
Parce que le public était assez "rock indépendant", m'avait-on dit (mais il faut toujours se méfier de ce que les organisateurs disent de leurs invités, on a parfois des surprises). En résumé, un public de lecteurs des Inrocks, ce qui me mettait en terrain connu... quoique. Quoique, en effet, pour caractériser ses amis le mari m'avait dit benoitement "en gros, le style c'est XTC".
J'ai pris note. Sachant que je ne connais pour ainsi dire XTC que de nom et que je n'ai aucun disques d'eux. Mais bon, j'avais des semaines devant moi pour voir comment ça sonnait et trouver des titres qui correspondent à cette ambiance.

Voilà donc ce qu'ils écoutent. Et avec Making plans for Nigel, d'XTC, ils étaient effectivement très contents et moi aussi. Parce que c'est le genre de pop/new wave du début 80s que j'aime. Pas besoin de  vérifier, je savais que tous mes trucs de cette période étaient soit sur des k7 compilées il y a 20 ans par mon frangin, soit sur des albums que j'avais moi-même en k7, voire en vynil, mais certainement pas en CD.

Je me suis mis en chasse, souvenirs aux aguets. Heureusement que mon frangin collectait à l'époque tous les tubes du moment, ça m'a permis de trouver ce qu'il fallait sans passer des heures sur les sites historiques. Avec comme point de mire le fait que les quanrantenaires avaient 15 ans en 1981, et 25 ans en 1991. Pour compléter mes Human League et Blondie, j'ai donc ressorti les bons vieux Talking Heads (Psycho killer, génial), l'album Lexicon of love de ABC (chef d'oeuvre de blue eyed soul, de funk anglais bien 80s). J'ai aussi exhumé Klaus Nomi, pour mon plus grand plaisir, Wire (I am the fly, à avoir), les premiers tubes des Violent Femmes, Big country, évidemment Madness, passé du Clash (j'en passe toujours), des Stranglers, des B 52's, du Queen période Bicycle race, Heartache avenue des Maisonnettes et des trucs de ce genre.
Bref, j'ai comblé les trous d'un côté, et de l'autre j'ai pu passer des tubes que que j'ai mais que je ne passe pas d'habitude. Allez comprendre comment, je me suis surpris à ne passer ni Eurythmics, ni Tainted Love, ni Bronsky Beat, ni U2, ni Police... Et quasiment aucun français (mais un belge, "Ubu" de Dick Annegarn, en warm up ;-).
En revanche, This is not a love song, j'aurais eu tord de me géner.

Klaus NomiBon, je n'ai pas passé que ça, un brin de disco (sans aucun Jackson Five ni gloria Gaynor), un peu de hard (et même Rage against the machine), un peu d'indé (Pixies, PJ Harvey), un peu de rock (Losing my religion, les Strokes), Pulp Fiction (ça marche toujours), des titres afro et orientaux, un peu de Madonna... A ma grande satisfaction I was made for loving you a eu le succès que j'attendais, relayé aussitôt par un
Sledgehammer inusable.
Bref, j'ai réussi à prendre un super pied en mixant assis toute la nuit tellement j'étais décavé, et chaque invité venait me remercier en partant, ce qui est soit un bon signe soit une coutume charmante de ce groupe d'amis.

Rarement j'ai pu faire danser en prenant autant le plaisir de ne pas passer "ce qu'il faut passer" ou "les tubes récents", mais en décalant très légèrement le curseur vers des titres presque aussi connus mais moins galvaudés.
Et ça, sans un frangin de 9 ans mon aîné, je ne sais pas si j'aurais pu le faire. Merci pour tes Maxell UDII chrome de 90 minutes ;-)

Et vous, vos trucs "d'époque", c'est quoi?

Publié dans arbobo

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arbobo 28/11/2006 00:14

et "te bomb" des bucketheads, non? ;-)content de te vr par ici, vieux frère !

Wuwei 27/11/2006 20:59

Moi, mes trucs de l'époque, ça date des années... 1992-1995 T_TJe sais, j'suis un gamin :-/M'en fiche, j'adore toujours mes "vieux" CD d'eurodance, et je manque pas une occasion de me passer un bon remix de Culture Beat ou un morceau de Magic Affair.Et pour me faire sauter au plafond, rien de plus facile : un bon Jump for Joy ou un Flying high... A l'époque, 90 bpm ça me suffisait pas ;-)

Guillaume 25/10/2006 16:23

Sur Talking Heads, on va forcément s'entendre. Déjà à huit ans j'adorais l'album de 1977, et je ne m'en lasse pas !
 
Sinon... Arthur H a sorti un nouvel album... prolixe, en ce moment, l'étoile...

laurence 19/10/2006 21:27

Ha, Purcell et Deller... toute mon adolescence.
Si.
Enfin en concurrence avec Jethro Tull.
Non y'a pas de lien.

O Solitude....

Cathie 19/10/2006 19:36

Brève apparition du regretté Alfred dans l'acte 1, et effectivement, il dirige.
Pour les larmes , il me faut la mort de Didon. Pour le bonheur, les Funérailles de la Reine Mary. Et pour le spleen,  Music for a while.(Kuijken est bien écrit ainsi sur la pochette.)
Je ne connais pas Laibach mais Bach to Africa de Lambarena.
M'étonnerait que ce soit electro rock...
Et il est désormais si rare que j'écoute de la musique.